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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 23:40

Chers amis,

Voici le programme du colloque portant sur religion et spiritualité dans les camps de concentration nazis.

Du 9 au 11 mars 2017 à l'Université catholique de Lille

Inscription obligatoire (même gratuite).

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Published by Cathy Leblanc
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 07:57

https://www.youtube.com/watch?v=HzOxEFy2mfs&t=0s

 

Faut-il pardonner ?

Conférence donnée le samedi 10 décembre 2016

au Centre Culturel du Monde Arabe

de Roubaix

 

Chacun s’accorde à reconnaître que le pardon est un opérateur de communication. Voilà déjà un gros mot dans une conférence de philosophie. Qu’est-ce qu’un opérateur de communication ? C’est une façon de parler qui permet de se comprendre. Le pardon implique donc une façon de parler qui permet de se comprendre et de supprimer les tensions et les malentendus.

Mais ce n’est pas tout : il permet aussi de s’ajuster les uns aux autres et d’exprimer le respect que l’on peut avoir les uns vis-à-vis des autres. Pour cette raison, on peut dire qu’il permet à la relation à l’autre d’exister. Cela fait du pardon, non plus une modalité langagière, mais une véritable possibilité d’être. Avec le pardon, je suis qui je suis vraiment et je permets à autrui d’être tout également qui il est et ce qu’il est. Avec le pardon, je peux aussi corriger ou réécrire mes actes, le plus souvent quand j’ai agi de façon maladroite et lorsque mes actions ne correspondaient pas à mes intentions. Dans la vie quotidienne cela reste assez simple.

 Le pardon se présente fondamentalement comme une reconnaissance vis-à-vis de quelqu’un qui a été lésé par mes agissements ou mes paroles. Avec le pardon, je peux donc symboliquement ou immatériellement rendre à autrui ce qui lui a été dérobé. Par exemple je rentre dans une pièce, je dis bonjour à quelques personnes et j’oublie quelqu’un. Le pardon me permettra de remettre à la personne oubliée le bonjour que j’avais oublié de lui donner.

Une personne lésée est une personne qui n’a pas reçu son dû. La possibilité du pardon évoque ainsi celle de la dette. J’ai une dette envers la personne à qui je peux dire pardon parce que je l’ai lésée.

De quelle manière concevoir ce tort ? Il peut être matériel, naturellement et il y a mille et une manière dont je peux prendre plus que mon dû : je peux, par exemple, occuper un espace de parole trop important dans un débat et ne pas permettre aux autres de s’exprimer, je peux aussi exagérer dans ce qui m’est proposé, prendre plus d’ouvrages qu’il n’est correct de le faire alors qu’une institution fait don de vieux livres dont elle ne se sert plus. Je peux aussi voler et cela est plus grave, sanctionné pénalement. Mais je peux aussi prendre à autrui ce qui est nécessaire à sa dignité.

Enfreindre la limite par laquelle autrui jouit d’un bien immense, celui de la dignité, voilà ce qui semble être fondamentalement du ressort du pardon mais qui, en même temps, rend le pardon extrêmement difficile et parfois impossible à dispenser. Dans les exemples que nous donnons, nous évoquons de petites enfreintes qui restent graves mais qui ne portent pas à conséquence. Imaginons un cadre beaucoup plus sérieux que celui de la vie quotidienne ou la vie du travail : je voudrais m’appuyer ici sur les victimes de violences et de maltraitances de guerre. Je prendrai l’exemple des prisonniers des camps de concentration parce que c’est mon objet de recherche.

Dans un ouvrage collectif que j’ai dirigé et qui est intitulé Le Pardon à l’épreuve de la déportation, paru aux éditions du Geai bleu en 2015, nous avons toute une gamme de témoignages d’anciens prisonniers. Ils répondent à des questions portant sur le pardon. Les postures psychiques et morales des déportés sont variées. Certains pardonnent et parmi ceux qui pardonnent, certains sont croyants, d’autres non. Certains ne pardonnent pas et ce sont peut-être les témoignages les plus intéressants car parmi eux se trouvent des personnes qui expliquent qu’elles éprouvent de la haine envers leurs bourreaux mais que si elles avaient pu étudier la philosophie, leur propos, c’est-à-dire aussi leur posture serait différente. Le pardon est un véritable exercice spirituel. Il nécessite une précision intérieure, la capacité de dissocier, de ranger mentalement tel ou tel fait sous telle ou telle étiquette. Le pardon nécessite l’exercice constant de cette précision. Sans elle tout se mêle alors, on refuse en bloc de pardonner.

C’est ainsi que Sam Braun, ancien prisonnier d’Auschwitz, lors d’une table ronde à laquelle j’assistais en compagnie de Marie-José Chombart-de-Lawe, essayait de la convaincre du bien-fondé du pardon en lui disant : « Marie-Jo, tu ne pardonnes pas pour les autres, tu pardonnes pour toi-même ». Mais Marie-Jo avait été responsable de la « pouponnière » de Ravensbrück, avait réussi à garder en vie, sans lait, sans langes, sans rien, une cinquantaine de bébés. Tous les autres petits corps sans vie, dont la mère était elle aussi en vie si elle avait survécu à l’accouchement clandestin, elle les avait accompagnés avec tout l’afflux de sentiment maternel dont elle était, alors si jeune, à peine adulte, capable. Et Marie-Jo disait : non. Elle ne pouvait pas pardonner.  : il n’en était pas question. Ce qu’il y avait en elle de plus viscéral avait été atteint et elle tremble encore de l’horreur à laquelle elle avait assisté impuissante, dans les camps où l’horreur qu’elle avait elle-même endurée, survivant à la torture sans avoir livré son réseau de résistance.

Sam avait pris une autre voie. Il avait besoin d’une paix intérieure. Peut-être la religion (le judaïsme en ce qui le concernait) lui avait-elle permis d’y accéder. Marie-Jo était résistante et, à ma connaissance, athée. Les résistants étaient pour beaucoup des communistes qui avaient un idéal de vie en commun très haut placé, loin des idées dictatoriales des régimes de l’Union soviétique ou de ce qu’est devenu Cuba. Ils s’étaient battus pour une amélioration des conditions de travail et leur dieu était la communauté. Nous explorerons en mars 2017 à l’occasion du colloque « Religion et spiritualité à l’épreuve de la déportation » ce que peut apporter la religion ou la spiritualité dans ces épreuves extrêmes.

Les survivants qui pardonnent semblent donc vivre avec un peu plus de paix. Mais certains traumatismes touchent à ce point la conscience que les personnes, toujours toute tremblantes d’effroi ne peuvent pas envisager le pardon, même pas du bout des lèvres. On ne peut prescrire ce pardon, ce serait là aussi une enfreinte. Si des personnes ne peuvent pardonner, cela signifie que des idées se mêlent dans leur esprit. Par exemple, ils ont l’impression que le pardon entraîne l’oubli. Or, il importe au plus haut point de se souvenir des actes commis afin non pas de s’en souvenir, mais de dire et redire la condamnation que fait la collectivité de ces actes. Il importe que les enfants apprennent aussi qu’il est impossible de commettre certains actes et que s’ils en reçoivent l’ordre, il faut désobéir. C’est très simple à dire, mais c’est essentiel.

C’est pourquoi la devise des déportés est : « ni pardon, ni oubli ». Mais dans les faits, les choses sont plus nuancées ou plus complexe et l’on ne peut pas généraliser les comportements. En effet, dans les témoignages que j’ai pu recueillir et où le pardon n’est pas choisi, les personnes souffrent de traumatismes importants. Elles ont des visions qui envahissent leur quotidienneté jour et nuit. Jour et nuit, elles revoient des cadavres mutilés et l’on ne peut, malheureusement effacer ces pénibles images de leur conscience. Tout au plus peut-on leur donner des médicaments qui atténuent les tremblements de leur conscience meurtrie mais aussi les accompagner le mieux possible dans ces grands moments de solitude et de souffrance.

Ces exemples sont des cas extrêmes. Mais ils montrent que ceux des anciens prisonniers qui arrivent, pour une raison ou une autre, à pardonner ou à adopter une position proche du pardon sont davantage en paix. Leur pardon devient alors, pour leurs enfants, une prescription.

Une tonalité s’installe et c’est cette tonalité, cette compréhension qui permettra seule de mettre en œuvre une réconciliation entre les personnes, puis politique entre les nations.

Dans ces postures psychiques, il est très important de formuler les choses. Certains, parmi ceux qui pardonnent disent de leurs bourreaux qu’ils faisaient partie d’un système dont ils n’étaient pas responsables. D’autres disent que les enfants de ces bourreaux ne sont pas responsables. Ce sont autant de façons de pardonner et il importe à présent de souligner l’amplitude sémantique du pardon. Les formes que peut prendre le pardon sont nombreuses. On dit trop souvent à tort que l’on ne peut pas pardonner, à ceux qui ne le demandent pas. C’était la formule de Jacques Derrida. Mais je ne souscris pas à cette thèse. En effet le pardon est une posture psychique qui ne se réduit pas à un oui ou un non. Le pardon est, en soi, la possibilité de la reconnaissance d’autrui en cela qu’il peut nous léser, de même que nous pouvons le léser suite à une faute, une erreur ou un mot d’ordre dont nous ne sommes pas responsables. Les façons de pardonner sont multiples. On pardonne, d’une certaine façon – la nuance est importante - quand on retourne sur les lieux, quand on parle avec les descendants, avec le peuple qui fut pendant un temps le peuple ennemi et encore. Toute la population n’est jamais ennemie d’un autre peuple. Il y a eu des familles franco-allemandes, les membres des familles ne sont pas devenus ennemis les uns des autres, il y avait aussi des intellectuels et des amis et là non plus les gens ne sont pas devenus ennemis parce qu’un pouvoir politique avait décidé de faire la guerre. De plus il faut aussi savoir que les premiers prisonniers dans les camps de concentration nazis étaient des allemands, opposants aux régimes.

Chaque année les autorités allemandes organisent des cérémonies à la date d’anniversaire de la libération des camps de concentration. C’est l’occasion pour un grand nombre de personnes de se rassembler à ces endroits pour commémorer et pour dire leur condamnation.

Je ne sais si ces rassemblements ont jamais pu contenir le nombre des déportés qui furent assassinés sur place, mais je suis certaine qu’en se replongeant au cœur même des cérémonies et en imaginant qu’une foule au moins aussi importante a péri dans les camps, on commence à prendre conscience de la réalité des faits.

Car c’est bien cette réalité et sa représentation qui posent problème. On ne saurait donc envisager de parler du pardon dans le contexte des camps de concentration et après l’expérience de la déportation sans nous figurer la marée humaine présente sur les lieux –un camp est-il seulement un lieu ?

Imaginons donc une grand-place un jour de marché et écoutons toute cette vie, tous ces récits qui se croisent et s’enchantent à cœur joie. On parle du temps qu’il fait. On essaie de prédire le temps qu’il fera, avec plus ou moins de certitude, plus ou moins de repères scientifiques. Ah ! les rhumatismes…. Ne sont-ils pas les plus fiables en matière de météo ? Au moins ils permettent d’alimenter ce plaisir profond de la discussion et participent ainsi à ce qui fait toute la chair de la vie.

A Weimar, la grande ville qui se situe à proximité de Buchenwald, des déportés encore valides viennent chaque année, et beaucoup d’enfants des écoles allemandes. Ce qui me frappe toujours chez les déportés, c’est leur capacité à faire de l’humour. Et je ne peux m’empêcher de partager avec vous une petite anecdote : en 2010, lors d’un colloque commémoratif organisé à Dora, alors que je regagnais ma place sous le grand chapiteau blanc qui abritait le colloque, je me trouve derrière un monsieur qui a lui aussi été déporté à Buchenwald. Contrainte de lui demander de se déplacer pour me laisser passer, je lui dis : « Pardon Monsieur » et il me répond « Appelez-moi Pierre ». Pierre Pardon. Avoir le « pardon » comme nom de famille, cela laisse bien rêveur surtout quand on sait que Monsieur Pardon a survécu au traitement qui lui a été infligé dans les camps de Buchenwald. Cette plaisanterie nous fit rire tous les deux et cela ne devait pas être la première fois qu’il la pratiquait. L’humour. La vie mais aussi la pudeur sans aucun doute possible.

Alors si nous voulons parler du pardon dans le contexte de la déportation, eh bien, il faut d’abord essayer de se représenter et de sentir la vie dans la foule. Il faut ensuite imaginer que la foule de personnes présentes dans les camps n’était pas différente d’une population rassemblée pour faire ses courses le jour du marché, que les personnes étaient aussi différentes les unes que les autres, que leurs joies, leurs peines ne différaient pas des joies et des peines que l’on croise sur son chemin au quotidien. Mais ce qui fait toute la différence, c’est que leur devenir avait été absorbé par un groupement d’hommes à la tête d’une idéologie morbide d’extrême droite, mais aussi par les acteurs de cette idéologie qu’étaient les SS.

La question du pardon en implique d’abord une autre : comment penser la perte humaine ? Comment faire preuve d’humanité devant la perte humaine ? L’homme rend hommage aux morts. Et la commémoration est une façon de rendre hommage aux morts, aux personnes qui ont perdu la vie injustement dans les camps ou à la guerre, lors d’attentats ou dans des catastrophes de grandes ampleurs.

La commémoration permet de se rassembler pour une même cause et de rendre hommage par ce rassemblement et la cérémonie qui l’accompagne. Il s’agit du faire-sens et du donner voix au regret, au chagrin, à la tristesse, à la douleur. Il s’agit aussi du rempart contre de nouvelles barbaries puisque, nous l’avons dit, les commémorations sont aussi des façons de manifester notre condamnation envers la barbarie.

C’est là ce me semble l’un des grands enjeux mais aussi la difficulté du pardon car si la commémoration permet l’hommage aux morts, si elle dénonce les crimes, elle peut légitimer le sentiment de haine qui peut naître de la reconnaissance du tort ou du crime, là où le pardon dit le respect qui demeure après l’offense. Or quelqu’un qui a été déporté peut-il vraisemblablement vouloir dire qu’il respecte néanmoins son bourreau ?

Il importe, quand on travaille sur la question de la barbarie, de savoir parler de ce qui est ressenti par les victimes –et sans doute aussi, pour les comprendre, par les bourreaux-. Ceci permet de dresser le tableau du monde dans lequel la victime évolue.

On doit alors se poser la question de ce qui constitue ce monde : les événements qui s’y déroulent, la manière dont ils s’y déroulent, leur succession, leur intensité, leur caractère révoltant, leur caractère étonnant ou imprédictible. C’est tout cela qui constitue un monde et bien plus. Le monde devient ainsi le contexte dans lequel la conscience évolue. Alors savoir faire preuve de sensibilité, ce sera également savoir détecter ce qui fait sens dans le monde du déporté.

Nous aurons remarqué que nous sommes passés du monde de la déportation, au monde du déporté. Mais alors, me direz-vous : quelle différence cela fait-il ? La différence est grande : avec le mot déportation, on désigne un phénomène de masse et l’on reste dans un champ abstrait ou général. Mais c’est justement cette généralité qui nous conduit au cas particulier, au cas par cas, à la somme des individualités et qui fait que l’on peut envisager le fonctionnement singulier de la parole ou de la pensée. Avec le pardon, on se dirige vers le cas particulier, vers le monde et le fonctionnement intime de la conscience et de ce qu’il est possible d’envisager à la conscience en fonction de la manière dont elle se représente ou veut se représenter ce qu’elle a vécu. A ceci s’ajoute la manière dont le traumatisme, via les voies inconscientes vient faire sens dans l’histoire individuelle qui est aussi une histoire du corps et c’est souvent le corps qui parle les souffrances de jadis et il importe que la souffrance puisse être exprimée, ce qui semble rendre difficile la possibilité du pardon. Regardons d’un peu plus près comment il fonctionne.

Dans son livre intitulé Forgiveness, a philosophical exploration, Charles L. Griswold entâme sa réflexion en disant : « Nearly everyone has gone wrong » : presque tout le monde a eu tort un jour. Nous nous sommes toutes et tous un jour trompé soit en condamnant un tiers, soit en l’insultant, soit en le privant d’un bien ou d’un plaisir, soit en lui mentant, soit en l’ignorant, etc. etc. La liste peut être longue. Cela signifie qu’il est dans la nature humaine de violer la relation d’altérité et de maltraiter, toute proportion gardée et si peu cela soit-il mais ce peu là suffit à induire une culpabilité.

Cela signifie aussi que lorsqu’on évoque le pardon, on évoque un acte dont nous-mêmes avons eu besoin à un moment ou à un autre de notre existence. Par suite, nous nous plaçons dans la position virtuelle de celui ou de celle qui peut avoir besoin du pardon. Ce positionnement est à la base de la pensée universalisante.

Le pardon répond à un besoin, au besoin d’harmonie avec l’altérité, il représente la réparation possible d’une rupture. En cela la réconciliation, qui est une forme communautaire du pardon répond elle aussi à la nécessité d’une réparation requise pour construire la paix.

L’évocation du pardon fait donc naître le sentiment d’être concerné. Elle en appelle pour cela à des lois de représentations universelles qui régissent nos comportements et veulent que l’on trouve pour soi-même, ce que l’on peut donner à autrui. Les textes sacrés évoquent cette question. On la retrouve formulée de façon très académique et dogmatique dans la morale kantienne.

Pourtant, peut-on véritablement se reconnaître en la figure du tortionnaire ? Peut-on seulement imaginer partager une même humanité avec la figure du tortionnaire ? Le tortionnaire est-il d’abord un être humain et ensuite, par accident un bourreau ou bien fait-il partie d’êtres humains qui ne sont pas véritablement des êtres humains et qui ne méritent que la condamnation ? Une partie d’entre nous est-elle mauvaise ?

Les enjeux de l’éthique sont ceux du positionnement possible de telle sorte que les juges, les victimes et le traitement de la barbarie garantissent toujours un idéal d’humanité.

L’éthique fonctionne souvent soit par mimétisme, identification et transferts, soit par négation, différenciation, dénonciation ou condamnation. L’éthique populaire fonctionne de cette façon. Les dictons fonctionnent de cette façon. Les contes fonctionnent aussi de la sorte avec leurs leçons de morale. La catégorie du Même et celle d’Autre sont ainsi à la base de toute éthique possible ce qui fut tout particulièrement approfondi par Emmanuel Lévinas et par Paul Ricoeur. Ainsi avons-nous des ouvrages qui portent les titres suivants : Soi-même comme un autre chez Ricœur, et une insistance sans faille sur l’altérité chez Lévinas. Kant n’échappe pas à la règle avec les impératifs énoncés dans Les fondements de la métaphysique des mœurs, pas plus que, dans des temps plus lointains, Platon et, encore plus lointain, Héraclite.

Le pardon procède sur fond de mimétisme et de différenciation. Tantôt on s’affirme dans la nécessité de le recevoir un jour et grâce à une forme de compassion, on se dit que l’être humain ne peut pas être foncièrement mauvais, que peut-être sa responsabilité est limitée, son acte mauvais résultant d’un système qui n’offre pas le choix. Tantôt on ressent le besoin de s’affirmer par différence avec le mal, et de condamner les personnes tout comme le système. C’est que j’ai retrouvé, en tout cas dans les questionnaires auxquels ont répondu les anciens déportés.

Et quelque chose est singulier : le plus souvent, chaque fois que les victimes ont accordé leur pardon, elles ont accepté que leur nom soit cité. Lorsque les victimes (je veux dire bien sûr les déportés) refusent le pardon, plus le refus rejoint la haine et moins les victimes acceptent d’assumer leur condamnation. J’ai ainsi reçu une lettre qui dénonce un fait très grave, une lettre de quelques pages où l’expression de la haine envers les bourreaux, envers le système nazi, revient très régulièrement. La personne a posté cette lettre à l’étranger et ne donne pas son nom. Voici les propos qui y sont tenus en réponse à une question portant sur la haine éprouvée envers les nazis des camps de concentration :

« Le mot ‘haine’ n’est pas dans mon vocabulaire, chez moi c’est de la vengeance mortelle vis-à-vis de mes tortionnaires qu’il est question. »

Puis il ajoute :

« Pourquoi tant d’animosité envers les tortionnaires nazis ? Tout simplement parce que depuis 1945, je n’ai que des cauchemars affreux certaines nuits : les déportés polonais pendus pour nous faire peur dès notre arrivée, les coups de matraque, la faim permanente, la tuerie du réseau « alliance » (environ 50 personnes) »

Et il continue :

« Je pense aussi (toujours dans ces cauchemars) aux camions revenants de la gare de Stuttgart avec des morceaux de cadavres de déportés tués dans cette gare par les avions américains et ces malheureux enfermés dans des wagons à bestiaux. »

Nous mettrons ce témoignage en contraste avec le témoignage suivant :

La question était : « Comment avez-vous fait pour garder toute votre sensibilité ? Cela est-il important pour vous ? ». Ce n’est pas une question portant sur le pardon mais la réponse laisse entrevoir l’équilibre atteint :

Voici ce qui est répondu :

« Cela ne s’est pas fait en un jour, c’est un exercice de longue haleine, Pour moi c’est très important, intérieurement je me sens libéré, je suis en paix avec moi-même et suis heureux. » Clément QUENTIN – Matricule 72889.

Et comme si cet exercice de longue haleine devait durer tout le temps, Monsieur Quentin –qui a accepté d’être cité- emploie des virgules à la place des points comme pour dire toujours encore : « attendez, ce n’est pas tout et ce n’est pas encore tout. ».

Mais l’anonyme que nous citions précédemment continue de souffrir intensément des horribles images et souvenirs qui le hantent et se substituent à son état de présence au monde. Nous aurons remarqué que ce pauvre homme ne dit pas « je rêve ceci ou cela » ou « je vois ceci ou cela », mais bien « je pense ». Cela signifie qu’il n’a aucune forme de distance vis-à-vis de l’objet de sa pensée et qu’il devient même difficile pour lui de séparer le sujet qu’il est de l’objet qui le hante. Cela lui est à ce point difficile qu’il ne peut pas s’en dissocier et que dans son cauchemar, il le pense véritablement.

Cette souffrance qui altère toutes ses capacités d’être-au-monde, qui l’empêche d’être pleinement présent au monde, ne fut-ce que d’une autre manière dans son sommeil, ne peut lui permettre de se représenter le pardon. En effet, il veut se défaire des images qui le hantent. Il est prisonnier de ces images et voudraient s’en défaire comme on voudrait se déshabiller de sa propre peau car ces images appartiennent à son vécu et le souvenir est comme inscrit dans son corps. Le paradoxe est que la haine, témoin de la gêne intense qu’elles représentent, ne fait que le mettre en mouvement contre ces images et leur rendre d’autant plus d’intensité.

Et si le conflit constitue un moteur vital, il peut tout aussi bien conduire à la destruction et rompre la linéarité de l’existence. Dans sa réponse, le déporté auteur de ses propos me dit la chose suivante :

« En raison de mon âge – 10 ans en 1939- je n’ai pas eu la chance de pouvoir étudier la philosophie car mes termes dans cette lettre n’auraient certainement pas été les mêmes. »

Ces propos ont une portée considérable car ils prouvent bien que l’isolement éprouvé et subi par cet homme en raison de l’intensité de ses souvenirs et aussi de la manière dont il réagit vis-à-vis de ses souvenirs, pourraient trouver un certain apaisement dans l’accès à un appareil conceptuel plus riche, à un langage plus élaboré. Pour le dire plus simplement, si ce monsieur avaient fait un peu de philosophie, s’il avait appris à nommer les choses, il aurait pu dépasser cet état de total asservissement et surtout de grande souffrance dans lequel il est contraint de demeurer. Je n’ai pas ses coordonnées, il a voulu rester anonyme ce qui sur-achève son isolement, je ne peux donc pas aller discuter avec lui pour essayer un peu de donner des formes différentes et de prendre les souvenirs avec lui avec des mots différents, c’est-à-dire l’accompagner dans une démarche d’interprétation libératrice.

Le pardon est sans doute la chose la plus difficile quand on n’a pas le langage et cette incommunicabilité, nous la retrouvons dans toutes les situations de grandes souffrances où les gens, dans l’orientation de leur quotidien, ne sont pas préparés à user du langage pour se libérer.

Quelle conclusion tirer de cela sinon que le pardon est reconnu comme valeur positive de l’éthique et que le non-pardon, le refus de pardon est bel et bien reconnu comme valeur négative, voire comme une faute qui peut justifier un sentiment de culpabilité. L’imposition de l’anonymat, dans l’extrait que nous venons d’étudier indique ainsi le sentiment de culpabilité de la victime qui ne veut même pas s’avouer à lui-même ce sentiment de culpabilité puisque l’argument qu’il donne pour soutenir son anonymat est le suivant :

« Je souhaite rester anonyme pour plusieurs raisons : 1. J’ai horreur des honneurs. 2. Je n’ai que des décorations attribuées d’office car je pense n’avoir fais que mon devoir. »

On peut comprendre et il importe de comprendre ici que l’on se trouve face à quelqu’un qui ne dispose pas d’une culture langagière telle qu’il puisse se positionner comme il le souhaiterait. Il faut donc être vigilant vis-à-vis des réponses données. Elles peuvent vouloir dire autre chose que ce qu’elles disent à priori. Pour décoder, on pourra penser que les honneurs ici sont synonymes de publicité. Nous avons affaire à quelqu’un qui n’aime pas être mis sur le devant de la scène.

Ainsi en le citant, nous le mettrions dans une situation qu’il n’aime pas. Notons cependant et au passage qu’il parle bien de « l’horreur » des honneurs. Nous sommes en droit de questionner cet anonymat dans la mesure où la lettre de ce monsieur en grande souffrance décrit des faits très graves et qu’il n’assume pas dans sa dénonciation. Il y a donc nécessairement un sentiment de culpabilité qui indique qu’il est très loin d’être sorti de sa situation de traumatisme. [quand on est victime de quelque chose, on se sent souvent coupable] Il ne signe pas la haine qu’il dispense, même si elle est légitime, ni les faits qu’il dénonce. Il ne jouit pas de ce fait de son entière responsabilité, ce qui vient concorder avec la non-jouissance de sa présence au monde, altérée par ses souvenirs. Il ne peut pas être entier.

Je complèterai cette analyse en disant qu’à la question demandant comment la personne avait fait pour garder sa sensibilité, ce monsieur affirme qu’il n’a jamais retrouvé sa sensibilité avant 1950. La sensibilité est une forme d’ouverture au monde. Or que se passe-t-il pour lui en 1950 : c’est la date de son mariage, une date de « grand changement » : ce sont ses propres termes, date à laquelle il reçoit l’amour et la « patience incroyable » de son épouse.

J’aimerais maintenant en venir à ce que j’ai nommé « la périphérie du pardon », c’est-à-dire les notions qui lui sont connexes, relatives, ou même antithétiques.

Dans les réponses qui m’ont été envoyées soit via les associations, soit directement à l’Université Catholique de Lille, soit par internet, j’ai souvent retrouvé des formes de crispation qui, si elles ne sont pas aussi marquées que dans l’exemple que nous venons de suivre, témoignent d’un conflit intérieur traumatisant.

Un tel conflit ne peut pas permettre une complète sérénité quand la sérénité se définit d’abord comme un lâcher-prise dans la confiance et loin du sentiment de menace.

Or ce que j’ai observé dans les réponses, c’est que le pardon, quand il n’est pas systématiquement accordé soit aux bourreaux, soit à toute partie prenante du système concentrationnaire mis en place par l’extrême-droite allemande, est souvent associé à la peur de l’oubli. Cela signifie que si une victime de la n’accorde pas son pardon, ce n’est pas toujours en raison de ce que signifie le pardon lui-même, qu’en raison de la crainte que son pardon puisse empêcher le travail de condamnation.

Certains déportés qui ont développé leurs idées dans les courriers qu’ils m’ont envoyés en sont parfaitement conscients. C’est le cas de monsieur Dumont qui fut déporté à Dachau et qui explique qu’il n’éprouve aucune haine envers les nazis des camps de concentration. Puis, il s’explique :

« Il faut s’entendre sur le sens du mot « haine » : pour moi il comporte des sentiments de vengeance, de rejet, de mépris, de violence. Je fais une différence entre le nazisme et le nazi : dans cette enquête, tout est clair, il s’agit du nazi.

Le nazisme : forme de doctrine

Le nazi, être humain qui peut devenir un objet, un outil au service d’une cause diabolique.

Il faut faire la part de responsabilité de chacun, de sa vie, de son comportement.

La justice doit être en recherche et en progrès constant pour juger.

Les tribunaux, la législation, les Droits de l’Homme ont leur mission, leur rôle dans ces situations.

Reste pour moi à donner le mieux possible le sens du mot « pardonner »

Pardonner n’est pas oublier.

Pardonner n’est pas supprimer, amoindrir la responsabilité de l’auteur des faits ou du délit.

Pardonner c’est supprimer en moi tout esprit de revanche, de haine, de colère, de mépris, de violence. Tout cela peut devenir dangereux pour notre conscience. Il faut surveiller, contrôler nos réactions, nos sentiments vis-à-vis du nazi. »

Je précise que Monsieur Dumont affirme ne pas savoir si le pardon est une valeur religieuse ou non.

« Il faut surveiller nos réactions », dit Monsieur Dumont, c’est-à-dire se placer dans l’orientation d’une pensée réfléchie par laquelle il devient possible de se représenter ses actes tels des objets et pouvoir les juger, pouvoir aussi décider de modifier le principe de ces actes.

C’est ce même type de conscience réfléchie qui avait été évoqué par le Docteur Sam Braun lors de la table ronde qui eut lieu à Blois en octobre 2010. Monsieur Braun avait mis l’accent sur les bienfaits du pardon non pas à l’égard d’Autrui le barbare, mais à l’égard de soi-même. Nous avons vu avec l’exemple de l’anonyme qui prône la « vengeance mortelle » qu’il ne pouvait éprouver aucun répit vis-à-vis de lui-même.

Le pardon semble ainsi devenir un acte fondateur de paix intérieure pour celui qui décide de- et qui peut le dispenser. Nous sommes bien conscients de la difficulté que cela peut représenter. Et si le pardon semble fondateur de paix intérieure, -ne sous-estimons pas le travail que cela requiert- il peut aussi en grand, c’est-à-dire sur le plan diplomatique ou politique, faire partie des conditions de paix.

Il y a un parallèle, déjà remarqué par Platon dans La République, entre l’acte personnel et l’acte communautaire ou politique, si l’on considère l’origine du terme « politique », c’est-à-dire « la polis » qui signifie en grec, la cité. La politique concerne les affaires de la cité.

Voici maintenant quelques unes des associations sémantiques présentées par les réponses qu’ont accepté de fournir les déportés suite au questionnaire publié dans leurs journaux :

Pardonner / être indulgent :

Pierre Duchamp (Dachau/Allach 72516), questionné sur la définition du pardon répond :

« Pardonner, c’est faire preuve d’indulgence et de compréhension envers les bourreaux, je m’y refuse. »

On trouvera une association tout à fait intéressante et surprenante chez Françoise Sorne, fille de déporté, pour qui le pardon peut coïncider avec le non-oubli, là où les réponses des enfants de déportés laissent transparaître une difficulté plus importante de concevoir le pardon que pour les déportés eux-mêmes. Peut-être pardonne-t-on pour soi-même là où l’on est intransigeant pour un proche que l’on aime.

Un autre déporté, dont j’ai eu l’honneur d’être la traductrice interprète, déporté canadien, arrivé en France à l’âge de vingt ans après s’être engagé dans la Canadian Air force a eu la gentillesse de répondre au questionnaire. Sa réponse fait directement appel au souvenir. Bien qu’il ne répond pas tout de suite au oui ou au non du pardon, me dit que lorsqu’il entend des gens de sa génération parler haut, parler fort, l’allemand, cela lui provoque des flash back et d’horribles souvenirs. C’est ensuite qu’il me dit qu’il ne peut pas pardonner à cette génération là. Il ne m’a pas dit si je pouvais le nommer. Je resterai donc discrète sur son identité.

Je pense que cette question du pardon n’a pas de conclusion comme elle semble aussi échapper quelque peu à une définition en bonne et due forme, une définition uniforme car le pardon est tout sauf uniforme et il convoque une réflexion fondamentale : celle de l’humain et de ce que Jean-Luc Nancy nomme sa singularité.

S’il semble difficile de tirer des valeurs universelles des témoignages que je viens d’évoquer, il me paraît essentiel de les parcourir et de prendre le temps de les étudier, quand bien même s’il s’agirait d’études statistiques qui prouveraient que dans 60% des réponses, par exemple, les gens ont accordé une forme de pardon ou un refus de haine.

Je pense aussi qu’il importe de rendre ce type de document, ce type de réponse accessible pour que l’on puisse, en philosophie notamment, s’appuyer sur des exemples vécus qui montre comment « fonctionne » tel ou tel psychisme, telle ou telle émotion, telle ou telle représentation.

En tout état de cause, s’il y a une chose que nous pouvons percevoir à travers l’analyse que nous venons de proposer, c’est que le pardon s’ordonne bien à partir de deux possibilités : ou bien je fais entrer dans mon monde et j’accepte, selon des modalités différentes, dans mon monde celui que je pardonne, ou bien je ferme ce monde et j’exclus celui que je ne pardonne pas.

Mais dans le second cas, si je fonctionne en excluant, ma capacité d’ouverture au monde est nécessairement altérée, de même qu’elle est altérée quand il y a traumatisme et ce pour des nécessités de protection. C’est donc, dans le cas du refus du pardon, mon rapport à l’altérité tout entière qui est fragilisé.

Autre question : si je refuse de pardonner ou de dispenser une forme de pardon qui n’est pas nécessairement un renversement, le pardon dans la vie quotidienne reste-t-il possible ? Autrement dit : le pardon en grand n’est-il pas nécessairement articulé au pardon en petit. Si tel est le cas alors le non-pardon vient aussi envahir ma vie quotidienne et les relations d’altérité qui ont lieu dans mon univers familier. Mais alors quand le familier devient insécure et investi d’un mise à distance.. Comment alors reconquérir la confiance et la proximité ?

Je vous remercie de votre attention.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 11:24

Chers amis,

Nous sollicitons votre bienveillance. Les éditions qui ont accepté de publier les actes de nos colloques viennent de recevoir une facture imprévue pour les droits de publication de tableaux dans notre ouvrage sur "Le Corps à l'épreuve de la déportation". Ces droits s'élèvent à 500 euros et nous avaient été offerts gracieusement par la famille.

Si vous souhaitez nous aider, vous pouvez nous envoyer un chèque, même minime, à l'ordre de : "Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation" à l'adresse suivante :

Université catholique de Lille - Faculté de Théologie - à l'attention de Mme Cathy Leblanc - 60 Boulevard Vauban - CS 40 169 - 59016 LILLE Cedex.

Nous pourrons ainsi assurer la pérénité de cette publication.

D'avance un immense merci,

Cathy Leblanc, directrice de publication.

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 21:37

Colloque International Interdisciplinaire sur

Religion et Spiritualité à l’épreuve de la déportation

du 9 au 11 mars 2017

à l’Université catholique de Lille

French version

(English version below)

 

Le colloque de cette année proposera une analyse de la fonction de la religion ou de la spiritualité dans les situations extrêmes qu’ont pu vivre les déportés des camps nazis. Notre objectif est de compléter l’étude thématique lancée en 2011 avec le questionnement sur le pardon et suivie d’études sur la fraternité (2014), le corps (2015) et l’écriture dans les camps (2016).

La question qui est posée ici a pour objectif de mieux comprendre le positionnement psychique de ceux et celles qui ont été soumis à l’épreuve de la déshumanisation nazie et l’une des premières questions qui se pose est des plus évidentes car la moitié des déportés l’ont été parce qu’ils étaient juifs : pourquoi la figure du Juif s’ajuste-t-elle à celle du bouc émissaire du régime nazi ? Entre nationalité et religion, qu’est-ce qui est en cause et pourquoi ?

Mais ce colloque s’attachera aussi à la pratique religieuse elle-même dans les camps : nous nous demanderons en quoi l’attachement à une représentation religieuse ou spirituelle et aux valeurs qu’elle implique peut permettre au déporté de supporter et de se maintenir à distance du dépouillement dans lequel on a voulu le plonger.

Nous nous demanderons encore en quoi ont consisté les pratiques religieuses et spirituelles, comment, par exemple les rites funéraires ont pu être réalisés ou compensés et par quoi ils l’ont été.

Par religion, nous entendons toute référence à Dieu, nous incluons les pratiques, représentations et valeurs de toutes les religions présentes dans les camps. Par spiritualité, nous entendons tout lien mû par une représentation particulière ou symbolique de l’ordre des choses (franc-maçonnerie, libre pensée, rose-croix…), et nous étendons cette notion de spiritualité à des adhésions politiques requérant de la part de ses membres un positionnement particulier les uns vis-à-vis des autres. Nous avons vu, par exemple que nous pouvions parler d’une fraternité communiste. Un lien particulier unit cette communauté, nombreuse dans les camps. Nous avons aussi rencontré des catholiques communistes. Nous pourrions aussi parler des Républicains espagnols.

La question est donc aussi de savoir comment le lien, la manière dont il se matérialise, la manière dont il se rattache à une valeur élevée peut permettre de sauver des vies et cette réflexion pourra être utile aujourd’hui dans des domaines comme le domaine hospitalier.

Notre souhait est également de retrouver la trace de pratiques religieuses dont on ne parle que très peu, en évoquant la grande question de la survie dans les camps, à savoir, par exemple, l’Islam. Nous avons rencontré des descendants de musulmans déportés et nous souhaitons aussi dans ce colloque recueillir leur témoignage. Une enquête a été lancée en ce sens.

Nous rappellerons les religions présentes dans les camps, nous essaierons de faire le point sur les spiritualités, nous verrons que les positionnements sont multiples. Pour les uns Dieu n’est pas, ou n’est plus à Auschwitz. Nous essayerons de comprendre comment le phénomène des camps a pu impacter la religion ou tout simplement la confiance dans le lien qui unit les hommes les uns aux autres ?

Nous verrons aussi que sans identification particulière, des motifs religieux apparaissent ici et là. Par exemple, pour faire référence aux voyages de mémoire, on parle aujourd’hui de « pèlerinage dans les camps ».

Voilà autant de points qui seront abordés dans ce colloque annuel.

Informations : écrire à cathy.leblanc@univ-catholille.fr ou au secrétariat de la faculté de théologie (ICL)

Le programme sera disponible sur www.cathyleblanc.fr

Inscription : 20 euros ; gratuits pour étudiants, demandeurs d’emploi et moins de 26 ans

 

International Interdisciplinary Symposium on Religion and Spirituality in the context of the deportation in Nazi Concentration Camps

From march 9th to 11th 2017

at Lille Catholic University

English version

This year’s symposium will propose an analysis of the function of religion or spirituality in the extreme situations the survivors of Nazi concentration camps encountered. Our aim is to complete the series of thematic studies launched in 2011 and that first addressed forgiveness. It was followed in 2014 with the question upon brotherhood, 2015 about the body and 2016 dealt with writing.

The aim is to improve our understanding of the psychic positioning of those who have been submitted to the trial of Nazi dehumanisation and the first question one wonders about, given half of the camp population was made of Jewish people : why did the figure of the Jew become that of the scapegoat of the Nazi regime ? Between nationality and religion, what was it that was pursued ?

But this symposium will also question the religious practice itself in the camps : we will wonder why the attachment to a religious or spiritual representation and to their connected values did enable the survivor to take a distance from the impoverishment into which they were pushed.

We will wonder what those religious and spiritual practices were made of, how, for instance the funeral rituals were led, compensated and by what they have been so. This reflexion will also open on great religious or spiritual figures in the camps (biographies).

By religion, we refer to any reference to God, we include the practices, representations and values of all the religions present in the camps. By spirituality, we understand any link moved by a particular or symbolic representation of a order of things (free masonry, free thinking, rosicrucianism …) and we extend the notion of spirituality to political adhesions requiring a special positioning from its members. We have seen, for instance in a previous symposium that it was possible to speak of a communist brotherhood. A particular link unites that community, which was numerous in the camps. There are communist Catholics. We could also mention the Spanish Republicans.

The question is then to understand how the link, the way it get materialized, the way it can be connected to an elevated value, can save lives and this reflexion will also be useful today in the medical field.

Our wish is also to find the trace of religious practices that are never mentioned when talking of those camps, namely, for instance Islam. We have met descendants of Muslim survivors and we would like to gather their testimonies. An inquiry has been launched in this sense.

We will recall the religions present in the camps, we will try to have an idea of the spiritualities, and we will see that the ways people could position themselves were multiple. For some God is not or is not anymore in Auschwitz. We will also try to understand how the phenomenon of the camps have been able to impact religion or just the trust one can have into the link that unites human beings.

Last but not least, we will see that without any particular belonging, some religious motives appear here and there. For instance today, the word “pilgrimage” is used to refer to memory trips. These are some points which will be tackled during this annual international interdisciplinary symposium.

 

Informations : you can write to cathy.leblanc@univ-catholille.fr or contact the secretariat of the faculty of theology of Lille Catholic University 03.20.13.41.57 or 06.82.54.95.07

The program will be available at www.cathyleblanc.fr Inscription : 20 euros ; free for students, unemployed and below 26 years old.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 13:44

 

L’empathie désigne notre capacité à ressentir ce que ressent autrui, à accéder émotionnellement à la souffrance d’autrui. Elle représente une forme de compréhension par laquelle la communauté des êtres humains accède à ce qui fonde son humanité. Etre en mesure de comprendre émotionnellement autrui, c’est aussi valider l’humanité qui est idéalement en nous. Ainsi disons-nous de quelqu’un qui manifeste cette compréhension émotionnelle, qu’il est ou qu’elle est humain ou humaine.

Il faut donc rechercher l’empathie dans la relation que nous avons vis-à-vis d’autrui. L’empathie s’exerce dans les rapports d’altérité. Cette disposition est davantage une disposition de cœur qu’une disposition d’esprit. Elle suppose la mise en œuvre de la sensibilité à l’égard d’autrui, sensibilité qui devient un véritable instrument de mesure. Nous prenons la mesure du bien-être d’autrui en nous posant émotionnellement la question de son état, en nous souciant de lui et cette forme de souci là nous remplit d’humanité et confirme notre humanité.

Etre humain n’est pas un état. C’est un exercice continu. Et il n’est pas anodin que la formation des bourreaux passe par la destruction de leur empathie. Comment détruit-on l’empathie d’une personne ou d’un enfant ? C’est la question que se sont posés les nazis en formant des jeunes qui allaient gagner un courage « sur-humain ». C’est aussi la question que se sont posés les bourreaux de Daech qui, pour former les enfants en bas âge à une insensibilité qui leur permettra de perpétrer le crime, commencent par leur demander de s’exercer à couper la tête de beaux nounours blancs. Certains enfants s’y refusent et cela est d’autant plus difficile pour eux que la peluche est un lieu de projection par excellence de la sensibilité enfantine.

Il a fallu aux bourreaux nazis faire taire leur sensibilité pour pouvoir perpétrer d’horribles tortures, mais aussi manager le crime de masse, décider du transport de pauvres ères vers des lieux d’anéantissement, décider des rations alimentaires qui leur permettraient de survivre pendant une période donnée (neuf mois à Buchenwald avant 1945), décider de pratiquer des expériences biologiques sur des êtres humains comme cela fut fait à Dachau ou à Ravensbrück où l’on incisait les jambes des femmes pour y placer des bactéries et tester des remèdes potentiels. Les femmes en questions étaient cyniquement appelées « des lapins » car, ne pouvant tenir debout, elles se tenaient assises en endurant leur souffrance, sur des tabourets.

Toutes ces décisions nécessitent la mise en berne de l’empathie et l’écrasement de la sensibilité. Cette part de l’être humain qui s’adonne à ce type de pratique est dépouillée de son humanité. Quelque chose meurt en la personne quand elle pratique le crime. Aussi, avons-nous le devoir de crier notre indignation, de dire « non ! ». Ainsi que l’avait perçu Stéphane Hessel, l’indignation est le refus de l’absence d’humanité, refus d'effacement de l’empathie. Se dire indigné, c’est dire notre refus de lâcher prise à la compréhension émotionnelle que nous avons de nos semblables, notre refus d’exercer notre humanité dans la liberté qu’elle-même nous confère par son simple exercice.

Cathy Leblanc Professeur des universités catholiques en philosophie à l’ICLille.

Plus :

Entretien entre Cathy Leblanc et Françoise Sironi, le 11 novembre 2015 au Palais des Beaux arts de Lille dans le cadre de citephilo.

https://www.youtube.com/watch?v=s5LRDszC8eg

 

 

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:36

Il est sorti !

Actes du colloque de mars 2015.

Sans le corps la vie n’est rien : elle a besoin de son enveloppe et de tout un dispositif qui l’amène à être en lien avec son environnement, à manifester ses états d’âme ou à porter son esprit vagabond. C’est avec le corps que commence la liberté, soit-elle individuelle, civile ou collective. Aussi est-ce au corps que s’en sont pris les grands managers de cette machine infernale que furent les camps de concentration nazis. On y réduit la vie à sa plus simple expression. Elle devient « ce qui reste » : des cadavres, des silhouettes amaigries faisant toutefois preuve d’une créativité inouïe pour résister. Les études présentées dans cet ouvrage nous montrent comment s’est produite la réduction de l’autre, l’opposant politique, le résistant, le Juif, l’homosexuel… à partir de son corps. Et chaque fois se pose la question de ces consciences qui ont bien pu assister à l’organisation de cet univers infernal ou la générer. Observer et analyser ce qu’a pu être la déportation sous l’angle du corps, nous a permis de comprendre que s’il est quelque chose de concret, le corps est aussi ce à partir de quoi la nature devient culture. Et s’en prendre à la culture, ennemie de la pensée unique des totalitarismes, ce fut, dans ce contexte réduire les corps des intolérés à des souffrances extrêmes ou à des morts horribles. .

Ont contribué à cet ouvrage :

Corinne BENESTROFF, Marie-Josèphe BONNET, Michel CASTRO, Stanislas DEPREZ, Dominique DURAND, Jean-François FAYARD, Sylvie HUMBERT, Cathy LEBLANC, Marjorie LOMBARD, Christophe PERRIN, Serge RAYMOND, Marie-France REBOUL, Pol VANDEVELDE.

 

Pour commander, merci de vous adresser à

legeaibleu@orange.fr

ISBN : 978 2 914 670 814

Prix : 24,50 € + frais de port

Ou retirer au secrétariat de la faculté de théologie de l'Université catholique de Lille pour un prix, hors frais de librairie, de 20€.

Le Corps à l'épreuve de la déportation, Geai Bleu Editions, mars 2016
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 01:21

www.cathyleblanc.fr

DU 10 AU 12 MARS 2016

à la Faculté de théologie

de l'Institut catholique de Lille

 

Jeudi 10 mars 2016

9.30 Accueil

10.00-10.30 Introduction par Cathy LEBLANC, UCLille, BDK, AFMD-DT59, L’Ecriture de l’histoire

10.30–11.00 Catherine VIALLE, UCLille, Déportation, Exil et Ecriture biblique

11.00-11.15 Discussion

11.15-12.00 Dominique FOYER, UCLille, Ecriture du désastre vs. Théologie négative

12.00–12.15 Discussion PAUSE DEJEUNER

14.15-14.45 Mary HONAN, DCU-(Dublin) L’invention de l’hospitalité (Derrida) à partir de « The Boy in stripped pijamas »

14.45-15.00 Discussion

15.00-15.20 Stanislas DEPREZ, UCLille La dé-écriture de l’histoire ou l’écriture du négationnisme

15.20-15.30 Discussion 15.30–16.15 Christophe PERRIN, Université de Louvain-la-neuve, FNRS, l’Indéchiffrable

16.15-16.30 Discussion 16.30-16.45 PAUSE 16.45-17.30

Jean-François REY, Lille 3, Le Livre et les Livres : du prophétisme dans l’écriture (Lévinas)

17.30-18.00 Discussion Vendredi 11 mars 2016 9.20-10.00 Serge RAYMOND, FMD, Ce que nous transmettent les déportés

 

Vendredi 11 mars 2016

10.00-10.10 Discussion

10.10-10.50 Marjorie LOMBARD, CHR de Roubaix/Paris 7, Faire acte de résistance intérieure par le « Je » de l’écriture…

10.50-11.00 Discussion

11.00-11.15 PAUSE

11.15-12.00 Denis SALAS, ENM /AFHJ Paris, A partir de l’œuvre de Charlotte Delbo

12.00-12.15 Discussion PAUSE DEJEUNER

14.15-14.50 Corinne BENESTROFF, Paris 8, La Direction de l’Absent : fabriques mémorielles et écriture.

14.50-15.05 Discussion

15.05-15.45 Hartmut DUPPEL, Université de Regensburg (Allemagne), L’Œuvre poétique de Buchenwald

15.45-16.00 Discussion

16.00-16.15 PAUSE

16.15-16.45 Dominique DURAND, BDK (Paris), Des petits billets aux lettres aux familles

16.45-17.00 Discussion 17.00-17.40 Renato BOCCALI, Université de Milan, Ecritures de lumière : la force des images dans les photographies du camp de concentration de Mauthausen

17.40-18.00 Discussion Samedi 12 mars 2016

 

Samedi 12 mars 2016

9.00-9.45 Odile LOUAGE, AFMD-DT59 (Lille), Comment écrire dans un camp ?

9.45-10.25 Paul VANDEVELDE, Université de Marquette à Milwaukee (USA), L’écriture comme reconnaissance de la vulnérabilité 1

0.25-10.40 Discussion

10.40-10.50 PAUSE

10.50-11.30 Eric PENET, Lille 3/IRHIS, L'Architecture concentrationnaire : une forme spécifique d'écriture de la Weltanschauung nazie

11.30-12.10 Agnès TRIEBEL, BDK (Paris), « Dessine moi un camp » ou le regard d’un enfant déporté sur le système concentrationnaire.

12.10-12.30 Discussion et clôture du colloque.

 

BULLETIN D’INSCRIPTION

NOM :____________________________ PRENOM :_______________________________ Mail :_____________________________

Adresse postale :__________________________ ________________________________________ Tél._____________________

 

Inscription au colloque : 15 euros sauf moins de 25 ans Les repas sont payants : Merci d’entourer la réponse utile (l’inscription au repas doit être envoyée avant le 25 février). jeudi midi : 20 euros vendredi midi : 20 euros TOTAL : Merci de libeller votre règlement à l’ordre de l’ « Institut Catholique de Lille », et de l’envoyer à Faculté de Théologie, à l’attention de Mme C. Leblanc, 60 Bd Vauban – CS 40109 – 59016 LILLE Cédex. L’inscription, même gratuite, est demandée. Merci de votre compréhension.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 15:46

 

 

 

Colloque international interdisciplinaire

 

L’écriture à l’épreuve de la déportation

 

du 10 au 12 mars 2016 à l’Université catholique de Lille

 

L’écriture est fondamentalement une mise en forme de la vie. Si l’enfant passe par la forme des lettres pour inscrire les mots qui formeront ensuite des phrases, un texte, puis un récit, les civilisations se caractérisent aussi par la mise au point d’un système graphique qui leur permettra d’inscrire ce qui se vit dans l’histoire, ce qui se fera pendant plusieurs millénaires par le travail de la main. L’écriture devient ainsi la trace de ce qui se vit, de ce qui s’est vécu. Dans le contexte des camps de concentration, l’écriture prend une toute autre dimension. Elle commence par être la devise du camp, « A chacun son dû » pour Buchenwald, « Le travail rend libre, pour Auschwitz et Dachau. Pourquoi une telle étiquette ? Les slogans seront nombreux et sont les piliers de l’idéologie nazie : « Les Juifs sont notre malheur », lit-on sur des banderoles entourant un meeting antisémite le 15 Août 1935 au Sportpalast de Berlin. Ces étiquettes, ces slogans vont se graver dans les esprits pour motiver la haine de l’autre et justifier sa destruction. Ils deviennent une référence. Cette référence, on la retrouve aussi dans le serment que prête un Eichmann dépossédé de lui-même et livré corps et âme à l’injonction de crime de nombre avant qu’il ne soit reconnu « crime contre l’humanité », un Eichmann qui n’avait même pas lu ce qu’écrivit Hitler dans mein Kamf pour annoncer son programme. En regard de ce serment conduisant chacun à devenir criminel, on trouve le serment courageux des déportés rassemblés une dernière fois sur la place d’appel, lors de la libération des camps. Chacun s’engage alors à lutter pour « l’écrasement définitif du nazisme ». L’écriture se retrouve ensuite dans le matricule attribué ou gravé dans la peau, comme cela se fit à Auschwitz. L’Homme, réduit au rang de bétail, est tatoué et doté d’un numéro qui le marquera toute sa vie et marquera la vie de ses descendants en quête perpétuelle de ce qui a été perdu sous le sceau de la déshumanisation. Certains déportés décideront même de faire inscrire ce matricule sur leur carte d’identité, comme s’il était à vie entré dans leur existence. L’écriture est aussi l’écriture des lois qui ont permis de justifier au niveau de l’état la mise en place de la destruction massive de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. L’écriture juridique se retrouve ensuite, en miroir dans les procès des grands criminels contre l’humanité : il faut reconstruire les faits, essayer de comprendre les mécanismes, et annoncer la sentence qui va rayer à jamais le nom du bourreau du royaume de l’existence ou lui imposer une peine modérée. Enfin l’Ecriture, la foi, la croyance en une transcendance, quelques soient les religions, pratiques spirituelles ou fraternelles, un récit par lequel l’esprit peut se déplacer dans un univers différent, inspiré et trouver comme un menu soulagement du corps ou la force de résister. Nous souhaitons interroger ici le rôle de l’Ecriture dans ce contexte d’une souffrance extrême du camp de concentration. Terminons à présent ce panorama, sans qu’il puisse toutefois se clore, par l’écriture des journaux intimes, des fragments, des poèmes, des récits de vie. Certains seront écrits pendant la déportation et gardés comme témoignages, d’autres ne pourront s’écrire que très longtemps après alors que s’écrira l’Histoire. On constatera à quel point l’écrit se différencie de l’oral. Les réponses aux questionnaires que nous avons pu rassembler les années précédents sont d’une nature très différente de celle des témoignages oraux que l’on a pu recueillir. Des chercheurs de France et de Navarre, d’Europe et d’Outre continent apporteront leur concours à la réflexion pour nous permettre de nous représenter cette question essentielle de l’écriture dans le contexte de la déportation.

L'objectif de ces études sur la déportation, sur la barbarie dont l'homme est capable est aussi de proposer des outils pour comprendre le monde actuel. Le colloque ne sera donc pas en rupture avec notre présent et bien des liens seront proposés qui permettront de comprendre un peu mieux la société contemporaine.

 

Pour tout renseignement ou inscription contacter : cathy.leblanc@univ-catholille.fr

Tél. 06.82.54.95.07 -

Voir aussi www.cathyleblanc.fr

Droit d’entrée : 5 € pour les étudiants / 20 € pour non-étudiants / Gratuit pour demandeurs d’emploi

 

 

Chaque colloque est publié.  "Le Pardon à l'épreuve de la déportation" est sorti en septembre aux éditions du Geai bleu - Il est disponible sur commande à legaibleu@orange.fr ou sur amazon.fr ISBN : 978 291 467 0760 – 24.50€

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 10:11

CITEPHILO – CITEPHILO - CITEPHILO – CITEPHILO 

Vendredi, 20 Novembre, 2015 - 19:00 - 21:00

« Peut-on pardonner le pire… ? »

 

En partenariat avec la ville de Bouvines et le Monastère de Bouvines « Communauté du chemin neuf » -
 

Libraire partenaire : Tirloy
 

Cathy Leblanc, professeur des universités catholiques en philosophie à « La Catho ».
 

A notamment publié : Le pardon à l'épreuve de la déportation (Le geai bleu)
 

Jean-François Rey, professeur honoraire de philosophie, président de l’association PhiloLille, organisatrice de Citéphilo
 

Animation : Jean-Michel Hennebel, docteur en philosophie

 

Quel est l’état d’esprit de ceux qui ont été soumis à une souffrance extrême, dans une situation programmée par un pouvoir d’état ? Comment ces personnes retrouvent-elles des repères dans un monde de nouveau apaisé ? Ce monde peut-il seulement s’apaiser pour elles ? La notion de pardon sert ici de repère, permettant au déporté qui a survécu de se positionner à l’égard d’un pouvoir criminel appliquant le programme antipolitique de l’extrême droite nazie. Certains comme Sam Braun, trouvent dans « le pardon » une façon de se retrouver eux-mêmes. D’autres, comme Marie-José Chombart-de-Lauwe, responsable de la « pouponnière » de Ravensbruck, ne peuvent même pas imaginer ce que recouvre ce terme. Résultat d’un travail théorique et de terrain, cette étude s’interroge sur le sens et la portée de la barbarie comme sur l’extraordinaire pouvoir de la résistance humaine.

Monastère de Bouvines - 770 rue Félix Dehau – Bouvines

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 09:41

Il est sorti !

Une collection inédite voit le jour. Des historiens, des philosophes, psychologues, anthropologues, et théologiens des quatre coins du monde, se rencontrent dans un colloque annuel organisé par le centre de recherche sur la barbarie et la déshumanisation (CRIBED) dirigé par Cathy Leblanc, à l’Université catholique de Lille. Ils cherchent à comprendre la vie du déporté dans les camps, soixante-dix ans après l’expérience de déportation et de souffrance extrême. Pour cela, ils se concentrent sur des thèmes majeurs de la quotidienneté : le pardon, le corps, la fraternité, l’écriture…

Le pardon étudié dans ce premier ouvrage, représente un repère fondamental quant à la façon dont le déporté peut se positionner psychiquement après son expérience. En effet, le pardon est une manière d’être vis-à-vis d’autrui, mais c’est aussi une façon d’être soi. Il constitue un véritable exercice auquel chacun se livre de façon différente. Le refus du pardon est aussi une façon de survivre après l’impossible. Le plus : en annexe, des dizaines de témoignages des déportés qui ont accepté de répondre à un questionnaire ciblé.

Les auteurs : Jean-Luc BLAQUART, Charles COUTEL, Stanislas DEPREZ, Dominique DURAND, Dominique FOYER, Cathy LEBLANC, Christophe PERRIN, Michel PIERRE, Serge RAYMOND, Marie-France REBOUL, Karl THIR, Pol VANDEVELDE, Dominique VERBEKEN.

Prix : 24, 50 euros / 288 pages. ISBN : 978 291 467 0760

En vente sur commande à :

legeaibleu@orange.fr

Ou écrire à :

Geai Bleu Editions

166 RDC Avenue de Bretagne

59000 LILLE

En vente directe au

secrétariat de la Faculté de théologie

Université catholique de Lille

60 rue du Port

59000 LILLE

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