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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 15:12

1er JUIN 2020 :

JOURNEE INTERNATIONALE DE L’ENFANCE !

                Ce premier juin est dédié à l’enfance, à la pensée de l’enfance. L’association AIMER ne peut que s’y associer ! Il s’agit de prendre conscience de ce qui est vécu par les enfants de par le monde, mais aussi de ce qui a été vécu par les enfants au cours des siècles.

                On se souviendra par exemple des premiers articles du droit du travail consacrés à la longueur de la journée de travail des enfants dans les industries. Outre-Manche, la reine Victoria fut la première à demander à ses ministres Gladstone et Disraeli de rédiger des rapports sur le travail des enfants dans les manufactures de Manchester et à faire appliquer une durée légale de travail. C’est aussi l’époque de la naissance du syndicalisme (unionism).

                En France, et particulièrement dans les régions minières, on se souvient des galibots qui, dès l’âge de huit ans allaient pousser les berlines dans les mines, là où les chevaux ne pouvaient accéder ou encore des « cafus », ces jeunes filles que l’on mettait au triage et qui partageaient la silicose avec les adultes. Dans le Nord, il y a aussi cette berceuse de la dentelière qui demande tendrement mais instamment à son bébé de dormir jusqu’à demain pour qu’elle puisse exécuter son ouvrage :

« Te’m f’ra du chagrin si te’ dors pas s’qu’à d’min »

                La révolution industrielle a particulièrement été féroce avec les enfants cantonnés avant cela dans le travail des champs et les petits métiers, déjà très rudes. Le XXème siècle n’a pas été féroce mais cruel et meurtrier avec les enfants, en particulier avec les enfants juifs qui périrent dans les camps, ou qui furent pour une partie, envoyés, grâce aux Quakers, en Angleterre où ils furent hébergés dans des familles qui, parfois, les prenaient pour des esclaves. Ce n’est qu’en 2018 que le gouvernement allemand accepta de verser une compensation unique de 2800 dollars à ces enfants qui ont aujourd’hui plus de 85 ans.

                Ce qui interpelle nos consciences formées au respect de la dignité humaine, c’est le mauvais traitement infligé aux enfants. Malheureusement ce mauvais traitement, ces conditions inhumaines de vie n’appartiennent pas qu’au passé. On les retrouve dans le monde entier. A nos portes, la question de la traite des enfants.

                Un programme d’étude des enfants victimes de traite a été développé : « Aux termes du Protocole des Nations Unies relatif à la traite des personnes comme de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains du 16 mai 2005 et de la loi n°2013-711 du 5 août 2013, la traite des enfants s’entend de la combinaison d’un acte (ex : recrutement ou transport ou transfert) et d’un but d’exploitation (ex : exploitation de la prostitution ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, exploitation par l’esclavage, le travail forcé incluant la mendicité forcée ou la contrainte à commettre des délits) ou le prélèvement d’organes » déclare le livret d’information coordonné par le Secours Catholique et soutenu par le ministère de la culture, le CNCDH, et les Défenseurs des droits.

                Dans les pays pauvres, le souci va aux enfants en errance qui n’ont plus de foyer, dont les parents sont morts dans des violences civiles ou militaires ou ont disparu. Une petite association AIMER qui a le statut d’ONG et dont le siège est à Paris, soutient ces enfants, leur fournissant hébergement et scolarité. Dans certains pays d’Afrique ou en Afghanistan, un enfant errant peut facilement être kidnappé par des groupes armés et devenir enfant-soldat. En leur fournissant un foyer et en assurant un suivi sérieux, avec des visites sur place, les enfants ont accès à des études, un métier et peuvent eux-mêmes s’investir pour sauver les autres.

                C’est pourquoi la journée internationale de l’enfance porte un sens particulier pour nous qui œuvrons à protéger leur vie, leur dignité et leur droit à un avenir prometteur.

                                                                           Cathy Leblanc

                                                                           Secrétaire de l’association AIMER

 

Un juge s’adresse à des enfants

 

                Juge pour enfants et président du tribunal de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig n’a pas hésité à s’adresser à eux lors d’une conférence à Montreuil il y a 10 ans. C’est l’objet de cette petite conférence. La vigilance vis-à-vis des droits des enfants doit rester constante. La France elle-même respecte-t-elle toujours ses engagements ? La montée des violences faites aux enfants devrait nous interroger. Conditionner les allocations familiales devrait nous faire réagir. Démanteler des camps et augmenter la répression des jeunes mineurs aussi. Mais si l’on n’explique pas à un enfant les règles du jeu, comment peut-il les respecter ? Toute une éducation aux droits s’imposerait. Une chose est d’avoir des droits, une autre est de les exercer. Pour un enfant, c’est souvent à travers ses parents ou des tuteurs. Ils l’assistent ou le représentent. Mais un enfant peut porter plainte. Il est une personne à part entière. Il doit être respecté à part entière, dans son corps comme dans son intimité. Personne n’a le droit le violenter ni de le perturber. Certes, il est encore fragile, vulnérable. Mais il peut être entendu en France directement en justice. Certes les parents et enfants doivent veiller et protéger leurs enfants. Mais l’exercice de l’autorité parentale ne doit pas donner lieu à des abus ou être source de divisions en cas de séparation. L’enfance maltraitée et l’enfance handicapée doivent donner lieu à des formes de vigilance particulière. La situation est encore largement perfectible, selon Jean-Pierre Rosenczveig !

                Faut-il consacrer de nouveaux droits aux enfants ? Par exemple, celui de reconnaitre leurs origines ? de changer de prénom quand celui-ci est ridicule ? Dans la discussion à l’issue de la conférence, les jeunes auditeurs ne sont pas demeurés sans questions.  Le droit pénal s’apprécie en fonction de l’auteur du délit. Les enfants peuvent jouer un rôle actif dans une meilleure connaissance des mécanismes de la justice et aussi de la solidarité entre eux, en particulier ceux qui sont moins favorisés. Faisons en sorte que les inégalités entre eux diminuent. Et que l’accès à l’alimentation, à l’éducation, aux soins soit un jour offert à tous.

                     (Livre de Jean-Pierre Rosencveig, Le droit des enfants, Bayard, 2011)

                                                                       Jean-François PETIT

                                                                       Président de l’association AIMER

 

 

Pour nous aider :

Vous pouvez envoyer vos dons à l’association A.I.M.E.R. 79 av Denfert-Rochereau, 75014 PARIS. Un reçu fiscal vous sera adressé pour des dons supérieurs à 10 euros

 

Site de l’association : www.association-aimer.fr. Merci de votre soutien !          

 

Vous pouvez vous abonner gratuitement au bulletin en envoyant un mail à association.aimer@wanadoo.fr

ou en écrivant à l’association.

 

En 2020, A.I.M.E.R. soutient 26 projets en faveur des enfants de la rue dans 15 pays : Afghanistan, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Colombie, Haïti, Inde, Madagascar, Maroc, Philippines, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal et Yémen.

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