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J’écoutais avant-hier France Inter et une émission qui s’insurgeait sur la manière dont une partie de la population en vient à considérer que l’autre partie « profite » de l’aide sociale. On entend effectivement souvent, maintenant les gens dénoncer l’intelligence de personnes qui savent profiter du système social. Petit à petit se monte une haine d’une partie de la population envers l’autre partie et j’ai très peur que cette haine ne s’assimile à un véritable racisme tout en donnant bonne conscience aux bien-pensants et aux bien-faisants, plongés dans une certaine forme de surdité.
Comment peut-on penser que des personnes prennent plaisir à aller manger aux Restos du Cœur ? Comment penser que des personnes prennent plaisir à devoir faire des démarches humiliantes pour recevoir quelques revenus quand elles ont pourtant des talents, des métiers, des demandes et espérances ? Quelle idée de l’altérité se fait-on en supposant qu’une telle attente puisse être celle de ces personnes ?
Mais il y a pire. On considère encore que les mendiants sont des voleurs et qu’il faut s’en méfier. On considère que ces roumains qui s’organisent comme ils le peuvent pour essayer de survivre et de se construire une existence possible sont des menaces. Même l’insigne pauvreté est stigmatisée et assimilée à de la menace.
Je ne dis pas que la pauvreté n’engendre pas la violence, mais si elle l’engendre c’est bel et bien qu’elle existe et que nous ne sommes pas capables d’y faire face. Je m’insurge contre cette indifférence qui fait que l’on puisse vivre au milieu d’un tel tableau, en faisant l’autruche et en prétendant que tout va bien ou en en appelant à la crise, responsable de tout.
Je suis allée faire une conférence à Dunkerque hier soir et avant d’arriver à l’Université du Littoral, je me suis trouvée face à face avec un grand navire du Seafrance, un navire que j’ai pris de nombreuses fois pour me rendre outre-manche.
Pourquoi manquons-nous tant de courage ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à changer la donne ? Chacun s’accroche à ses positions par facilité, par habitude et acceptant les choses, nous finissons par faire taire en nous ce qui pourtant nous constitue et fragilisons ainsi, dans cette accommodatation, l’humanité qui est en nous. N'est-ce pas là une forme de censure que nous lui imposons ?
Et si tel est le cas, je crains que la violence de cette censure du ne pas voir, ne pas entendre, n'endurcisse notre sensibilité là où c'est précisément la sensibilité qui nous permet de déployer dans la joie toute la générosité de notre être.
Pourquoi le "ça" qui se dit en vient-il à pouvoir modeler une partie d'entre nous jusqu'à nous transformer en de bons petits soldats se conformant tout simplement à une norme arbitraire et privatrice d'humanité ?
J'ai parlé il y a quelque temps de l'éducation du citoyen. Plus que jamais la philosophie devient impérative car elle développe la prise de conscience. Rappelons que dans les régimes dictatoriaux, la philosophie est la première à être censurée et que la censure est la première forme de violence imposée à la liberté.
Comme le disait si bien Aristote, nous sommes des animaux qui possèdent langage et raison et la raison ne saurait s'actualiser sans le langage. Alors parlons, écrivons, et surtout éduquons !
Maître de Conférences en Philosophie
Université Catholique de Lille
Responsable des Relations Internationales
de la Faculté de Théologie
et de l'IPSR
Pour tout contact ou toute question :
A propos de l'histoire :
" Commençons par Hérodote, que Cicéron appelait pater historiae et qui est resté le père de l'histoire occidentale. Il nous dit dans la première phrase des Guerres médiques que
le but de son entreprise est de sauvegarder ce qui doit son existence aux hommes, en lui évitant de s'effacer avec le temps, et de célébrer les actions glorieuses et prodigieuses des Grecs et des
Barbares d'une manière qui suffise à assurer leur souvenir pour la postérité et, de la sorte, à faire briller leur gloire à travers les siècles". Hannah Arendt, La crise de la culture,
Paris, Folio, 1989, p.58
Sur la parole :
"Dans le discours qu'aujourd'hui je dois tenir, et dans ceux qu'il me faudra tenir ici, pendant des années peut-être, j'aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la
parole, j'aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible. J'aurais aimé m'apercevoir qu'au moment de parler une voix sans nom me précédait depuis
longtemps : il m'aurait suffi alors d'enchaîner, de poursuivre la phrase, de me loger, sans qu'on y prenne bien garde, dans ses interstices, comme si elle m'avait fait signe en se tenant, un
instant, en suspens." Michel Foucault, L'ordre du discours, Paris, Gallimard, 2009.
Rares sont les romans où l'on est transporté à ce point : dans l'histoire d'une rencontre entre le présent et le passé. Nous sommes tenus en haleine et, pendant ce temps, le texte devient matière. C'est dans l'espoir de l'écriture que tout se produit, que l'émotion s'exhale.
L'histoire nous porte au cœur d'une attente : celle de la biographie d'un ancien
résistant. Témoignage d'une histoire vécue, de récits de bravoure.
Au rendez-vous finalement, le grand homme recroquevillé sur sa canne commence par renverser les rôles et écouter le biographe, lui aussi mû par un
récit...
Trames de vies qui se croisent et se tissent au gré d'une écriture sobre et émouvante à la fois.
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