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Conscience, ma conscience je t’aime parce que tu me constitue et que le lien qui me lie à toi est libre. Chaque jour, à l’abri du tumulte, du bruit, tu m’indiques la voie. Et quand bien même il n’y a pas de signalisation au carrefour des grands moments de la vie, tu m’éclaires et me guides. Conscience, ma conscience parfois je me retourne sur une obscurité, un nuage et je me parle, m’interrogeant et projetant par là même de la lumière sur la route à venir. Il n’y a pas de bon chemin, il n’y a que les chemins que l’on se construit et qui mènent quelque part. Là où je pose les yeux, je peux regarder fermement le reflet de mes décisions, les voir croître, en constater le bonheur, en éprouver de la fierté. Parménide parlait de la vérité au cœur sans tremblement : où que je me tourne je fais face paisiblement à mes décisions, j’approuve leur conséquence et l’effort qu’elles nécessitent accroît la lumière sur mon chemin. Conscience ô ma conscience tu me donnes courage et me rends libre à moi-même dans la décision de moi-même, je ne me cherche pas : je me trouve et me retrouve dans la familiarité de ce même. Ne rien laisser de côté, avoir égard, considérer la vie comme une partition et chaque note comme le devoir d’une présence accomplie et d’un engagement à chaque fois rejoué, vibrant de la même force. Conscience ma conscience, merci de m’accorder cette énergie pour l’effort, et le cœur de le suivre, de protéger ceux que j’aime, de pouvoir m’aimer moi-même et ainsi à mon tour de pouvoir aimer les autres, de dispenser tendresse et sollicitude et construire la bonne solitude.
Maître de Conférences en Philosophie
Université Catholique de Lille
Responsable des Relations Internationales
de la Faculté de Théologie
et de l'IPSR
Pour tout contact ou toute question :
A propos de l'histoire :
" Commençons par Hérodote, que Cicéron appelait pater historiae et qui est resté le père de l'histoire occidentale. Il nous dit dans la première phrase des Guerres médiques que
le but de son entreprise est de sauvegarder ce qui doit son existence aux hommes, en lui évitant de s'effacer avec le temps, et de célébrer les actions glorieuses et prodigieuses des Grecs et des
Barbares d'une manière qui suffise à assurer leur souvenir pour la postérité et, de la sorte, à faire briller leur gloire à travers les siècles". Hannah Arendt, La crise de la culture,
Paris, Folio, 1989, p.58
Sur la parole :
"Dans le discours qu'aujourd'hui je dois tenir, et dans ceux qu'il me faudra tenir ici, pendant des années peut-être, j'aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la
parole, j'aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible. J'aurais aimé m'apercevoir qu'au moment de parler une voix sans nom me précédait depuis
longtemps : il m'aurait suffi alors d'enchaîner, de poursuivre la phrase, de me loger, sans qu'on y prenne bien garde, dans ses interstices, comme si elle m'avait fait signe en se tenant, un
instant, en suspens." Michel Foucault, L'ordre du discours, Paris, Gallimard, 2009.
Rares sont les romans où l'on est transporté à ce point : dans l'histoire d'une rencontre entre le présent et le passé. Nous sommes tenus en haleine et, pendant ce temps, le texte devient matière. C'est dans l'espoir de l'écriture que tout se produit, que l'émotion s'exhale.
L'histoire nous porte au cœur d'une attente : celle de la biographie d'un ancien
résistant. Témoignage d'une histoire vécue, de récits de bravoure.
Au rendez-vous finalement, le grand homme recroquevillé sur sa canne commence par renverser les rôles et écouter le biographe, lui aussi mû par un
récit...
Trames de vies qui se croisent et se tissent au gré d'une écriture sobre et émouvante à la fois.
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Cette magnifique ode à la conscience permet, entre autre, de comprendre l'importance qu'accorde l'Eglise à la conscience. Ainsi pouvions nous lire dans une déclaration de 1992 intitulée Choix éthiques et Communion ecclésiale " Il n'est pas en son pouvoir (de l'Eglise) de se substituer dans la pratique à la décision ultime des consciences qui demeurent toujours l'instance suprême quand il s'agit d'engagement éthique".
Certes, mais cela ne prévaut que pour une "conscience éclairée" si j'ose dire. La conscience doit être stimulée, éduquée en quelque sorte et c'est là qu'interviennent les acteurs de notre socialisation. A commencer par les parents bien sur. La découverte des limites, l'apprentissage de la liberté, les lois, les transgressions aussi, vont permettre d'acquérir cette faculté à discerner. La conscience n'est pas infaillible et doit s'entretenir, à chacun ses moyens et ses aides, mais pour tous elle est ce qui permet d'assumer ("en pleine conscience") nos actes, d'emprunter ou plutôt de construire ces (ses) chemins (vers la Lumière ?) et à l'inverse de s'écarter des noirceurs de ce monde. Alors oui, doté de cette "conscience éclairée" il est possible, tout comme vous et je vous cite, de : "regarder fermement le reflet de mes décisions".
(apparté : conscience et Amour... nous voilà bien proche du "Discreta Caritad" d'Ignace de Loyola)
Merci beaucoup Jean-Pierre pour ce commentaire enrichissant !
Marie-France Reboul
Merci beaucoup Marie-France. Oui, j'ai beaucoup travaillé sur Parménide qui parle de la vérité au coeur sans tremblement et qui me fait penser au rapport à soi. Etre paisiblement face à soi-même et aimer ce face à face, c'est aussi tendre vers les autres car la conscience est toujours une affaire d'éthique. Je contente que ce texte puisse plaire. Grand merci, Cathy.