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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:28

 

Conscience, ma conscience je t’aime parce que tu me constitue et que le lien qui me lie à toi est libre. Chaque jour, à l’abri du tumulte, du bruit, tu m’indiques la voie. Et quand bien même il n’y a pas de signalisation au carrefour des grands moments de la vie, tu m’éclaires et me guides. Conscience, ma conscience parfois je me retourne sur une obscurité, un nuage et je me parle, m’interrogeant et projetant par là même de la lumière sur la route à venir. Il n’y a pas de bon chemin, il n’y a que les chemins que l’on se construit et qui mènent quelque part. Là où je pose les yeux, je peux regarder fermement le reflet de mes décisions, les voir croître, en constater le bonheur, en éprouver de la fierté. Parménide parlait de la vérité au cœur sans tremblement : où que je me tourne je fais face paisiblement à mes décisions, j’approuve leur conséquence et l’effort qu’elles nécessitent accroît la lumière sur mon chemin. Conscience ô ma conscience tu me donnes courage et me rends libre à moi-même dans la décision de moi-même, je ne me cherche pas : je me trouve et me retrouve dans la familiarité de ce même. Ne rien laisser de côté, avoir égard, considérer la vie comme une partition et chaque note comme le devoir d’une présence accomplie et d’un engagement à chaque fois rejoué, vibrant de la même force. Conscience ma conscience, merci de m’accorder cette énergie pour l’effort, et le cœur de le suivre, de protéger ceux que j’aime, de pouvoir m’aimer moi-même et ainsi à mon tour de pouvoir aimer les autres, de dispenser tendresse et sollicitude et construire la bonne solitude.

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Published by Cathy Leblanc - dans philosophie
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commentaires

bastin 11/01/2014 15:59

Bonjour,

votre ode à la conscience me fait penser à ce poème de D H Lawrence :

I never saw a wild thing sorry for itself. A small bird will drop frozen dead from a bough without ever having felt sorry for itself.

Votre ode est admirablement construite : vous parlez de croissance à maturité (assumer), de choix duels ( lumière vs noirceur ), d'éclairer. Quelques uns de vos collègues seraient peut être opposés
à cette vision partisane de la conscience, la conscience chrétienne et plus probablement catholique romaine. D'ailleurs vous nommez l'innommable, vous citez De Loyola, est ce que ça rentre dans le
cadre de la réhumanisation du bourreau ?

Pourtant j'apprends que l'admiration que beaucoup porte à DH Lawrence est peut être déplacé si on considère sa vision partisane du monde :

Lawrence's opinion of the masses is detailed by Professor John Carey in The Intellectuals and the Masses (1992). He quotes a 1908 letter from Lawrence to Blanche Jennings:

If I had my way, I would build a lethal chamber as big as the Crystal Palace, with a military band playing softly, and a Cinematograph working brightly; then I'd go out in the back streets and main
streets and bring them in, all the sick, the halt, and the maimed; I would lead them gently, and they would smile me a weary thanks; and the band would softly bubble out the "Hallelujah
Chorus".[citation needed]

C'était en 1908 ! Alors est ce de l'humanité, comme dans Soleyt Green, ou un acheminement vers un nouveau système de Sécurité Social ?

Je suis au Maroc, j'espère pouvoir assister à une partie de votre conférence du 27/01 si c'est possible.

Cordialement

Cathy Leblanc 11/01/2014 17:18



Bonjour,


Je vous remercie pour ce très beau commentaire et vous accueillerai très volontiers le 27 janvier.


Bien cordialement,



Jean-Pierre BARBIEUX 18/01/2012 09:34

Bonjour Cathy,
Cette magnifique ode à la conscience permet, entre autre, de comprendre l'importance qu'accorde l'Eglise à la conscience. Ainsi pouvions nous lire dans une déclaration de 1992 intitulée Choix
éthiques et Communion ecclésiale " Il n'est pas en son pouvoir (de l'Eglise) de se substituer dans la pratique à la décision ultime des consciences qui demeurent toujours l'instance suprême quand
il s'agit d'engagement éthique".
Certes, mais cela ne prévaut que pour une "conscience éclairée" si j'ose dire. La conscience doit être stimulée, éduquée en quelque sorte et c'est là qu'interviennent les acteurs de notre
socialisation. A commencer par les parents bien sur. La découverte des limites, l'apprentissage de la liberté, les lois, les transgressions aussi, vont permettre d'acquérir cette faculté à
discerner. La conscience n'est pas infaillible et doit s'entretenir, à chacun ses moyens et ses aides, mais pour tous elle est ce qui permet d'assumer ("en pleine conscience") nos actes,
d'emprunter ou plutôt de construire ces (ses) chemins (vers la Lumière ?) et à l'inverse de s'écarter des noirceurs de ce monde. Alors oui, doté de cette "conscience éclairée" il est possible, tout
comme vous et je vous cite, de : "regarder fermement le reflet de mes décisions".
(apparté : conscience et Amour... nous voilà bien proche du "Discreta Caritad" d'Ignace de Loyola)

Cathy Leblanc 18/01/2012 14:28



Merci beaucoup Jean-Pierre pour ce commentaire enrichissant !


 



Marie-France Reboul 14/01/2012 17:31

Quel beau texte, je dirais presque, quel beau poème! Allier la lumière et la solitude, t'aimer toi-même pour aimer les autres, oui, c'est cela que tu choisis en conscience parce que la nuit n'est
jamais totalement la nuit, parce que c'est ton choix fait librement. Et c'est pour cela que tes amis t'aiment et t'apprécient.Merci Cathy.

Marie-France Reboul

Cathy Leblanc 14/01/2012 17:35



Merci beaucoup Marie-France. Oui, j'ai beaucoup travaillé sur Parménide qui parle de la vérité au coeur sans tremblement et qui me fait penser au rapport à soi. Etre paisiblement face à soi-même
et aimer ce face à face, c'est aussi tendre vers les autres car la conscience est toujours une affaire d'éthique. Je contente que ce texte puisse plaire. Grand merci, Cathy.