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Un jour Patrick Dupond a dit que l’important dans la danse était de faire en sorte que l’autre soit beau. J’ai toujours gardé cette petite phrase au creux de ma sensibilité et j’ai pensé qu’elle pouvait constituer un merveilleux principe de vie et de partage. Toujours veiller à ce que l’autre soit beau. Cette pensée de l’altérité appliquée à la danse constitue un véritable principe éthique. Il ennoblit la personne à qui il est destiné, personne qu’il rend belle, il ennoblit également son auteur, lui octroyant la grandeur morale issue de son geste. A l’issue de cette mise en œuvre ou mise en lieu de la beauté éthique, chacun se trouve grandit.
Dans un cours que je donnais dernièrement, j’avais abordé l’esthétique du geste éthique et nous sommes ici au cœur même de cette question. Je me demande si l’on cherche aujourd’hui, dans les grands débats qui sont lancés, à respecter ce principe à la fois éthique et esthétique. L’une des questions que je me pose est la suivante : veut-on véritablement faire la guerre à l’humiliation, à la réduction, au rabaissement, au préjugé, à la haine ? Veut-on véritablement assimiler l’un à l’autre et faire de l’un l’équivalent de l’autre, en droit ? Veut-on vraiment travailler en profondeur sur l’égalité des droits, sur le lien fraternel qui unit tous les hommes et qui fait partie des devises de la République française, assure-t-on en cela la liberté de la communauté fraternelle et la liberté de chacun ?
J’ai beaucoup travaillé sur la philosophie de l’éducation anglo-saxonne et il y a dans les pays anglo-saxons un code d’éthique des professions de l’éducation. Ce code stipule qu’en aucun cas le professeur n’a le droit d’humilier ou de ridiculiser l’élève. Il n’a pas non plus le droit de le prendre à parti. Mais l’un des principes-clés de la pédagogie doit être la valorisation. Seule cette valorisation conduit l’élève à conquérir toute sa créativité, à trouver confiance et à pouvoir se développer sur des bases saines. La critique peut se faire à bon escient et quand elle est nécessaire.
Ceci m’amène aussi à me demander si nous sommes capables aujourd’hui de valoriser la différence et de faire valoir l’altérité ? Les peuples, les religions, les religieux, les groupes ethniques se sentent-ils aujourd’hui contribuer à la richesse collective et au patrimoine commun ou bien celui-ci n'est-il pas en train de se désagréger ?
Maître de Conférences en Philosophie
Université Catholique de Lille
Responsable des Relations Internationales
de la Faculté de Théologie
et de l'IPSR
Pour tout contact ou toute question :
A propos de l'histoire :
" Commençons par Hérodote, que Cicéron appelait pater historiae et qui est resté le père de l'histoire occidentale. Il nous dit dans la première phrase des Guerres médiques que
le but de son entreprise est de sauvegarder ce qui doit son existence aux hommes, en lui évitant de s'effacer avec le temps, et de célébrer les actions glorieuses et prodigieuses des Grecs et des
Barbares d'une manière qui suffise à assurer leur souvenir pour la postérité et, de la sorte, à faire briller leur gloire à travers les siècles". Hannah Arendt, La crise de la culture,
Paris, Folio, 1989, p.58
Sur la parole :
"Dans le discours qu'aujourd'hui je dois tenir, et dans ceux qu'il me faudra tenir ici, pendant des années peut-être, j'aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la
parole, j'aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible. J'aurais aimé m'apercevoir qu'au moment de parler une voix sans nom me précédait depuis
longtemps : il m'aurait suffi alors d'enchaîner, de poursuivre la phrase, de me loger, sans qu'on y prenne bien garde, dans ses interstices, comme si elle m'avait fait signe en se tenant, un
instant, en suspens." Michel Foucault, L'ordre du discours, Paris, Gallimard, 2009.
Rares sont les romans où l'on est transporté à ce point : dans l'histoire d'une rencontre entre le présent et le passé. Nous sommes tenus en haleine et, pendant ce temps, le texte devient matière. C'est dans l'espoir de l'écriture que tout se produit, que l'émotion s'exhale.
L'histoire nous porte au cœur d'une attente : celle de la biographie d'un ancien
résistant. Témoignage d'une histoire vécue, de récits de bravoure.
Au rendez-vous finalement, le grand homme recroquevillé sur sa canne commence par renverser les rôles et écouter le biographe, lui aussi mû par un
récit...
Trames de vies qui se croisent et se tissent au gré d'une écriture sobre et émouvante à la fois.
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