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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:54

Chers amis, fidèles lecteurs,

 

Le thème de la résitance dans les camps a suscité quelques réactions et commentaires dont un courrier du Professeur Karl Thyr, qui était venu parler de Frankl au colloque sur le pardon. Monsieur Thyr nous envoie quelques citations très importantes qui montrent la détermination des prisonniers à maintenir coûte que coûte leur éthique, leur orientation, leurs résolutions et par quels moyens ils parviennent à ne pas devenir le simple instrument de leurs fossoyeurs. Je reprendrai ces réflexions dans mon cours de philosophie des droits de l'homme qui porte cette année sur le thème de la dignité humaine.

Voici donc l'envoie de Monsieur Thyr qui doit rencontrer tout prochainement la veuve de Frankl. Monsieur Thyr me propose également de rendre visite à cette dame, ce que je ferai probablement lors d'un voyage au second semestre. Si vous aviez des questions particulières à me transmettre, je me ferai un devoir de les poser ou de les transmettre à Monsieur Thyr si je ne peux adapter mon emploi du temps.

 

Explications et citations envoyées par Monsieur Thyr :

 

ll faut distinguer le camp de détention de Theresienstadt où un groupe de juifs courageux et engagés (dont Frankl et le rabbhin Léo Baeck) ont organisé des conférences sur des thèmes entre autres philosophiques ou religieux ou aussi des réunions de lecture ou de musique – tout cela plus ou moins en cachette, en (grande partie) illégalement. Les Nazis n´ont pas pu priver les détenus de la liberté de participer à une vie intellectuelle et culturelle.

 

Quelques phrases tirées de « En dépit de tout, dire oui à la vie – les expériences vécues par un psychiatre dans un camp de concentration ». (Dans : Viktor Frankl, Découvrir un sens à sa vie, Les éditions de l´homme, 1993)

 

« Ceux qui ont vécu dans les camps se souviennent de ces prisonniers qui allaient, de baraque en baraque, consoler leurs semblables, leur offrant les derniers morceaux de pain qui leur restaient. Même s´il s´agit de cas rares, ceux-ci nous apportent la preuve qu´on peut tout enlever à un homme excepté une chose, la dernière des libertés humaines : celle de décider de sa conduite, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve. Et nous avions constamment à choisir. Il nous fallait prendre des décisions sans arrêt, des décisions qui déterminaient si nous allions nous soumettre ou non à des autorités qui nous menaçaient de supprimer notre individualité et notre liberté spirituelle, qui déterminaient si nous allions ou non devenir le jouet des circonstances et renoncer ou non à notre liberté et à notre dignité pour devenir le prisonnier ‘idéal’. », (p.81)

 

« Les manifestations religieuses, au camp, étaient tout à fait authentiques. Les nouveaux venus étaient souvent frappés par l´intensité de la foi des prisonniers… » (p. 52)

 

La pensée à une personne aimée : « Nous marchions dans le noir… Les gardes, qui ne cessaient de crier, nous faisaient avancer à coups de crosse…

Nous marchions, dérapant sur la glace… Je me mis à penser à ma femme… Mon esprit était tout entier habité par le souvenir d´elle… Je l´imaginais avec une précision incroyable. Je la voyais. Elle me répondait, me souriait, me regardait tendrement… J´avais enfin découvert la vérité, la vérité telle qu´elle est proclamée dans les chants des poètes et dans les sages paroles des philosophes : l´amour est le plus grand bien auquel l´être humain peut aspirer… Je ne savais pas si ma femme était toujours en vie et je n´avais aucun moyen de le savoir ; mais cela n´avait aucune importance…Rien ne pouvait me détourner de mon amour, de mes pensées et de l´image de ma bien-aimée. »(p. 54/55/56)

 

« Etait-il possible de se livrer à des manifestations artistiques dans un camp de concentration ? Cela dépend de ce qu´on entend par ‘art’. De temps à autre,

les prisonniers improvisaient une sorte de cabaret… histoire de rire ou de pleurer parfois ; bref, d´essayer d´oublier. On chantait des chansons, on récitait des poèmes, on se racontait des blagues ou on tenait des propos satiriques sur le camp. Tout cela pour oublier notre sort pour quelques instants. » (p. 58)

 

« …l´humour était une arme défensive très efficace. On sait que l´humour aide à garder une certaine distance à l´égard des choses et il permet de se montrer supérieur aux événements, ne fût-ce que pour quelques instants. Je m´étais ingénié à développer cette faculté chez un ami avec qui je travaillais sur un chantier de construction. Nous nous étions promis d´inventer au moins une histoire amusante par jour, dont le sujet devait être basé sur ce qui allait nous arriver après notre libération ». (p.60)

 

 

 

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Published by Cathy Leblanc - dans philosophie
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