Partager l'article ! Une république sauce moutarde, s'il vous plaît.: Depuis quelque temps, chacun aura remarqué que le mot « république » est re-deve ...
Depuis quelque temps, chacun aura remarqué que le mot « république » est re-devenu à la mode et il nous incombe de réfléchir sinon sur son contenu, tout au moins sur sa fonction. Nous parcourrons donc quelques exemples pour essayer d’en comprendre non pas le sens mais l’usage.
On invoque donc la République au nom du principe de liberté quand on veut protéger les dessinateurs de caricatures qui ont heurté des règles du Coran, règles concernant une pratique religieuse donc, en représentant Mahomet dans une feuille de choux. Mais on invoque encore la République quand on veut interdire un chroniqueur de faire la caricature des personnages politiques du moment et qui participe du fonctionnement de la dite République. Dans ce cas on ne parle plus de principe de liberté mais d’outrage à certaines pratiques politiques. Comment s’y retrouver ?
On invoque la République pour défendre le principe de laïcité dans les écoles, on appelle encore ce principe « principe de la République ». Il a pour fonction d’éviter l’intrusion des entités religieuses dans les sphères dites publiques. Mais on invoque pourtant le principe de solidarité républicaine quand on lance des appels aux dons que des associations comme le secours catholique ou la croix rouge vont centraliser pour apporter leur aide. Notons que la Sorbonne a bien gardé son nom : l’université crée par Robert de Sorbon, théologien de Cambrai et confesseur du roi Saint Louis. Comment s’y retrouver ?
On invoque la République pour interdire certaines tenues en ville, notamment une tenue religieuse portant le nom de burqua (on n’a pas encore interdit les pères noël en décembre) et on a récemment trouvé à formuler les raisons de ce principe : en République tout le monde doit pouvoir s’identifier. Au nom du principe de garantie des libertés, on est également privé du droit de sourire sur les photos d’identité ou encore de porter une frange qui couvre le visage sur ces mêmes photos. L’obligation de tirer la tranche s’inscrit dans la protection de nos libertés, comprenons-le bien. Sourire peut désormais être délictuel. Le sourire ne ferait donc pas partie de l'identité.
Ce matin la radio annonçait encore que la République allait rétablir ses droits dans les banlieues. Elle n’y serait plus présente. On comprend que la République signifie ici une certaine idée de l’ordre. Là où la criminalité sévit, la République n’est pas présente. Pourtant la République ne saurait pas se réduire à l’ordre public. Et chacun, chacune en France, soit-il français ou non, n’adhère pas à cette vision du pays dans lequel il ou elle vit. Une communauté de pensée s’institue donc pour créer un code qui fasse acte autour du mot « république ». Quant à l’expression « République des Lettres », elle est elle, tombée en désuétude.
Ma question est la suivante : n’est-on pas en train d’utiliser ce terme « République » dans un esprit nationaliste, exclusif ou excluant, et qui rassemblerait l’opposition à l’altérité ? L’usage qui se fait aujourd’hui, tout azimut, du mot « République » n’est-il pas en train de nous attirer dans une forme d’ultra-nationalisme et d’intolérance ? Y-a-t-il encore partage, charité et goût de la différence au cœur de cette « République » ?
En effet, pourquoi n’utilise-t-on pas simplement le mot « constitution française » quand on veut indiquer une violation ? Pourquoi n’utilise-t-on pas l’expression « ordre public » pour dénoncer les excès ? Le mot « république » se gonfle d’une vacuité bien dangereuse à être ainsi mis à toutes les sauces.
Cathy Leblanc
Maître de Conférences en Philosophie
Université Catholique de Lille
Responsable des Relations Internationales
de la Faculté de Théologie
et de l'IPSR
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A propos de l'histoire :
" Commençons par Hérodote, que Cicéron appelait pater historiae et qui est resté le père de l'histoire occidentale. Il nous dit dans la première phrase des Guerres médiques que
le but de son entreprise est de sauvegarder ce qui doit son existence aux hommes, en lui évitant de s'effacer avec le temps, et de célébrer les actions glorieuses et prodigieuses des Grecs et des
Barbares d'une manière qui suffise à assurer leur souvenir pour la postérité et, de la sorte, à faire briller leur gloire à travers les siècles". Hannah Arendt, La crise de la culture,
Paris, Folio, 1989, p.58
Sur la parole :
"Dans le discours qu'aujourd'hui je dois tenir, et dans ceux qu'il me faudra tenir ici, pendant des années peut-être, j'aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la
parole, j'aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible. J'aurais aimé m'apercevoir qu'au moment de parler une voix sans nom me précédait depuis
longtemps : il m'aurait suffi alors d'enchaîner, de poursuivre la phrase, de me loger, sans qu'on y prenne bien garde, dans ses interstices, comme si elle m'avait fait signe en se tenant, un
instant, en suspens." Michel Foucault, L'ordre du discours, Paris, Gallimard, 2009.
Rares sont les romans où l'on est transporté à ce point : dans l'histoire d'une rencontre entre le présent et le passé. Nous sommes tenus en haleine et, pendant ce temps, le texte devient matière. C'est dans l'espoir de l'écriture que tout se produit, que l'émotion s'exhale.
L'histoire nous porte au cœur d'une attente : celle de la biographie d'un ancien
résistant. Témoignage d'une histoire vécue, de récits de bravoure.
Au rendez-vous finalement, le grand homme recroquevillé sur sa canne commence par renverser les rôles et écouter le biographe, lui aussi mû par un
récit...
Trames de vies qui se croisent et se tissent au gré d'une écriture sobre et émouvante à la fois.
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