La philosophie peut parfois sembler déconnectée de la réalité et j'ai voulu construire ce blog en vue de montrer comment, à partir du monde vécu s'élabore un problème philosophique. Les articles proposés sont de petites tailles et facilement compréhensibles. Le thème qui les relie le plus souvent est l'un de mes thèmes de recherche : "la barbarie ou les dénis d'humanité", thème que j'ai abordé en premier lieu à partir de la problématique heideggerienne de l'être.
Visite chez M. et Mme Marchant
Voilà. Je me suis donc rendue chez M. et Mme Marchant et là, j'ai découvert le sens du travail de mémoire pour des gens qui le pratique sans se charger de la théorie. Tout
d'abord, j'ai remarqué combien ils tenaient à me communiquer des informations sur les camps de concentration et combien ces informations, travail de l'histoire, étaient précises. Leur seul outil
herméneutique : le ressenti. "Là on leur faisait ça et ça : vous vous rendez compte !". Et pour eux, pour qu'on ne les oublie pas, il faut raconter leur histoire, non pas de façon générale, mais
dans le détail. Oui, ce terme est important car c'est le détail qui, dans la cruauté fait toute la différence. L'organisation concentrationnaire s'est justement penchée sur le détail de la
barbarie. Plus ce détail est pensé, organisé, plus la barbarie est franche et violente, pire elle est. Il faut donc des livres, encore des livres, des histoires, des récits. Les histoires des uns,
et encore des uns pour n'être jamais celles des autres. Les uns dans leur singularité d'être humain : la puissance de l'humanité. M et Mme Marchant ont bien compris cela. Me voilà informée, à
présent j'ai un rendez-vous important où je vais jouer un rôle essentiel.
Publié le 01/10/2009 à 16h17 dans philosophie