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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 12:59

70ème anniversaire de la libération du camp de Buchenwald

Ce weekend avaient lieu de nouveau et comme chaque année, un immense rassemblement fraternel à Buchenwald. Ainsi que l’indique l’expression que l’on utilise couramment, Buchenwald est devenu l’appellation d’un lieu un peu comme on parle d’une ville : on va à Paris, à Berlin ou à Londres. Pourtant on ne va pas à Buchenwald comme on va à Paris, à Berlin ou à Londres car Buchenwald n’est pas tout à fait un lieu, c’est une forêt de hêtres où le non-être a englouti des dizaines de milliers d’existences. Buchenwald n’est pas un village mais le nom désigne la forêt dans laquelle un régime criminel officiel et légitime s’est rendu coupable de crime contre l’humanité. Et si Buchenwald est devenu comme le nom d’une ville c’est parce qu’il fut la destination de dizaines de milliers de personnes qu’on allait faire mourir : 56000 au total.

Commémorations

Quatre-vingt-neuf déportés étaient présents, tous très âgés, mais maintenus par la volonté indestructible de faire connaître encore et encore ce qui s’est produit là, dans ce coin de nature où deux siècles auparavant un certain Goethe rédigea son Faust. Au beau milieu du sordide camp de Buchenwald, se trouve en effet, un autre lieu que l’on désigne sous l’appellation d’arbre de Goethe qui constituait pour les déportés le signe d’une malédiction. On disait dans le camp que lorsque cet arbre serait détruit, le camp serait libéré. Quelle étrange relation que celle de Goethe, de Faust et du camp où l’on a volé l’âme de tant de personnes ! Vendre son âme au diable contre une jeunesse éternelle ; c’est aussi d’un plan véritablement diabolique que les prisonniers furent victimes dans ce lieu. On raconte que peu de temps avant la libération du camp, il y eut un orage qui foudroya l’arbre de Goethe. Comment concevoir tout ce sens, ces relations ? Annonce ? Préfiguration ? La plus cruelle attente devant la plus sordide entreprise. Nous sommes en 2015, qui n’a rien de l’an de grâce 2015 comme pourrait le dire la formule. Mais, en dépit des circonstances, des difficultés humaines, sociales, et économiques, une fois encore, tout le monde était au rendez-vous pour les cérémonies. Chaque année tout le monde fait le voyage. Pourquoi ? Quel sens cela a-t-il ?

Commémorations

Au sortir du camp, rassemblés une dernière fois sur la place d’appel du haut de leur 35 ou 40kg les déportés ont prêté serment pour dire leur volonté et leur engagement dans une lutte sans appel contre la barbarie et toute forme de régime totalitaire et criminel. Cette lutte a pris la forme de ce que l’on nomma un « travail de mémoire » (et non un devoir de mémoire car chacun prenait le libre engagement de s’y adonner). Il consista à témoigner le plus possible et en tous lieux des faits qui avaient été vécus. C’est ainsi que les anciens déportés parcoururent les écoles pour dire aux enfants ce dont ils avaient été victimes et ce qui s’est produit. Le message peut se formuler de la façon suivante : soyons attentifs et vigilent : l’homme est capable du pire quand il s’appuie sur l’intolérance et la haine et surtout la haine raciale. C’est ainsi que les cérémonies de mémoire ont recouvert un double aspect : celui d’un recueillement et celui d’une mise en garde. L’idée est que conscient des atrocités qui peuvent surgir, on fasse attention à la différence. L’idée est également de penser que quiconque se joindra au recueillement sera capable de l’empathie qui nous garantit une humanité paisible et harmonieuse. Car l’empathie est bien ce dont ont été dépourvus les bourreaux. Et il y a des méthodes très précises pour soustraire leur capacité d’empathie à ceux qui doivent devenir des bourreaux. Cela implique une rupture de la capacité de lien que porte en principe l’empathie produite par le jeu des neurones miroirs ainsi qu’ont pu le révéler les travaux de René Girard.

Commémorations

L’idée des commémorations, du travail de mémoire mais aussi des travaux réalisés sur ces événements, c’est aussi d’essayer de comprendre les mécanismes par lesquels on survit, par lesquels on devient capable du pire, de l’impensable, de l’impossible et de l’inacceptable. Comment un être humain peut-il franchir de telles limites ? Comment un médecin peut-il en venir à s’adonner à des expériences sur des cobails humains qu’il fait atrocement souffrir.

Parmi les différentes étapes des commémorations se trouve une visite guidée du camp et un lieu dans lequel on a perpétré tant de crimes et tant d’horreurs n’est pas comparable à n’importe quel lieu. Il y a quelque chose qui reste, quelque de froid, d’effroi et de lourd. La temporalité de la visite n’est pas non plus assimilable à la temporalité d’une visite touristique. C’est un peu comme s’il y avait une mémoire du lieu ou comme si chaque lieu possédait une matérialité abstraite, invisible mais perceptible qui se transforme en fonction de ce qui est vécu.

Il faut dire qu’il fait très froid à Buchenwald. On se trouve sur une plaine directement exposée au vent du Nord et l’on ne peut pas penser que ce lieu ait été choisi au hasard. Alors que le temps était des plus clément -il fit jusque 28 degré vendredi dernier à Weimar- on sent le froid tomber sur ses épaules dès que l’on arrive sur ce que l’on a désormais nommé « la route du sang ». Il s’agit du chemin que parcouraient les déportés arrivés en gare de Weimar pour rejoindre le camp. C’est le long de cette route forestière que furent plantés des arbres fruitiers afin de commémorer la mémoire de valeureux prisonniers comme Marcel Paul, communiste français, grand résistant ou encore Otto Kipp, antifachiste allemand.

 

Commémorations

Dans la forêt, pour la cérémonie de plantage des arbres qui eut lieu le samedi, des fauteuils et des couvertures avaient été préparés devant l’un des arbres, celui de Otto Kipp. Dans le camp, on inaugura également une plaque pour les déportés espagnols alors que l'année dernière, l'inauguration commémoraient les aviateurs canadiens dont faisait partie Ed Carter Edwards.

Commémorations

Alors que les discours des autorités et de personnalités étaient présentés, les anciens déportés écoutaient attentivement. La souffrance occasionnée par le crime de masse n’a pas de limites et il se produit toujours, lors des commémorations, des manifestations inattendues que l’on a soin de respecter. On remarque ainsi un vieil homme portant une kippa avec un placard autour du coup et la dénonciation des actes de barbarie nazie. Il apporte des bouquets de jonquilles aux anciens déportés, leur donne une bougie et leur demande de signer son livre, ce que chacun fait gentiment. La gentillesse et la fraternité viennent réchauffer le lieu, tout comme les interventions des écoliers et collégiens présents chaque année lors des cérémonies. Cette fois, c’est un jeune homme qui a joué un morceau de violon. La presse allemande est elle aussi toujours au rendez-vous pour donner écho à ces cérémonies. On ne saurait donc prétendre, comme cela est fait parfois que l’Allemagne veut ignorer ce qui s’est produit pendant le IIIème Reich. Les autorités allemandes, locales et nationales sont très actives.

Commémorations

Chaque année et continuellement c’est un musée qui se construit avec des expositions d’objets nous ouvrant sur la vie mais aussi les réalisations les plus inattendues de ces pauvres déportés. Cette année, à la suite d’un immense travail de recherche, mais aussi un travail politique de conventions, de prêts, et tout ce côté administratif et parfois lourd qui peut accompagner une exposition, l’association française de Buchenwald Dora et Kommandos en la personne extrêmement dévouée d’Agnès Triebel et de concert avec Gisèle Provost, a pu proposer une exposition des médailles gravée par Pierre Provos, un résistant français interné au camp de Buchenwald en janvier 1944.

Voir : http://cnrdbarbusse2012.blogspot.com/2012/03/etre-solidaire.html

Cette journée du samedi se prolongea à Weimar, au théâtre où l'on organisait une soirée de très grande qualité avec une pièce de théâtre : Die Soldaten, des ateliers avec des anciens déportés qui se mettaient au service des étudiants pour répondre à leur question, puis de la musique de jazz, musique interdite par le troisième Reich. Le dimanche eurent lieu les grandes commémorations dans le camp de Buchenwald avec les discours publics des anciens déportés et des autorités (cf. article de l'année dernière).

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 10:06

La fraternité à l’épreuve de la déportation

Par Cathy Leblanc, Professeur en philosophie

espace Marx, 6bis rue Salengro - Hellemes

métro marbrerie.

le jeudi 16 avril 2015 à 18.30

sur invitation de Pierre Outeryck et sous la présidence d'honneur de Sonia Frimat, présidente de l'association des déportés et internés résistants et patriotes (ADIRP59)

Dans la série des colloques « à l’épreuve de la déportation », une conférence grand public sera proposée jeudi 16 avril à 18.30 à l’espace Marx de Lille. L’objectif est de partager les études thématiques qui ont été réalisées ces dernières années afin de faire apparaître la singularité de l’expérience concentrationnaire.

Par le terme de fraternité, on entend, solidarité, amitié, sollicitude, entre-aide. A travers ce terme, on voit aussi comment s’organise les liens entre les victimes des camps. Mais on observe tout également l’absence de lien et l’on comprend pourquoi il est impossible de tisser des liens pour des raisons très précises.

Dans cette conférence, je ferai le bilan de ce qui a été appris lors du colloque de l’année dernière en m’appuyant sur les précieuses réponses qu’ont bien voulu me faire parvenir les déportés, que je remercie très vivement.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 14:29

Colloque international interdisciplinaire

Du 10 au 12 mars 2016

à l’Université catholique de Lille

« L’écriture à l’épreuve de la déportation »

L’écriture est fondamentalement une mise en forme de la vie. Si l’enfant passe par la forme des lettres pour inscrire les mots qui formeront ensuite des phrases, un texte, puis un récit, les civilisations se caractérisent aussi par la mise au point d’un système graphique qui leur permettra d’inscrire ce qui se vit dans l’histoire, ce qui se fera pendant plusieurs millénaires par le travail de la main. L’écriture devient ainsi la trace de ce qui se vit, de ce qui s’est vécu.

Dans le contexte des camps de concentration, l’écriture prend une toute autre dimension car elle n’indique plus la construction de l’humanité mais sa destruction. Elle commence par être la devise du camp, « A chacun son dû » pour Buchenwald, « Le travail rend libre, pour Auschwitz et Dachau. Pourquoi fallait-il une devise à ces camps, les temples de la dégradation à l’image du temple de Delphes, dans l’antiquité grecque, portant la devise « connais-toi toi-même », qui était, lui, celui de l’élévation. Pourquoi une étiquette ? Les slogans seront nombreux et sont les piliers de l’idéologie nazie : « Les Juifs sont notre malheur », lit-on sur des banderoles entourant un meeting antisémite le 15 Août 1935. Ces étiquettes, ces slogans vont se graver dans les esprits pour motiver la haine de l’autre et justifier sa destruction. Ils deviennent une référence.

Cette référence, on la retrouve aussi dans le serment que prête un Eichmann dépossédé de lui-même et livré corps et âme à l’injonction de crime de nombre avant qu’il ne soit reconnu « crime contre l’humanité », un Eichmann qui n’avait même lu ce qu’écrivit Hitler dans mein Kamf pour annoncer son programme. En regard de ce serment conduisant chacun à devenir criminel, on trouve le serment courageux des déportés rassemblés une dernière fois sur la place d’appel, lors de la libération des camps. Chacun s’engage alors à lutter pour « l’écrasement définitif du nazisme ».

L’écriture se retrouve ensuite dans le matricule attribué ou gravé dans la peau, comme cela se fit à Auschwitz. L’Homme, réduit au rang de bétail, est tatoué et doté d’un numéro qui le marquera toute sa vie et marquera la vie de ses descendants en quête perpétuelle de ce qui a été perdu sous le sceau de la déshumanisation. Certains déportés décideront même de faire inscrire ce matricule sur leur carte d’identité, comme s’il était à vie entré dans leur existence.

L’écriture est aussi l’écriture des lois qui ont permis de justifier au niveau de l’état la mise en place de la destruction massive de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. L’écriture juridique se retrouve ensuite, en miroir dans les procès des grands criminels contre l’humanité : il faut reconstruire les faits, essayer de comprendre les mécanismes, et annoncer la sentence qui va rayer à jamais le nom du bourreau du royaume de l’existence.

Il importe aussi de considérer l’Ecriture, la foi, la croyance en une transcendance, quelques soient les religions, pratiques spirituelles ou fraternelles, un récit par lequel l’esprit peut se déplacer dans un univers différent, inspiré et trouver comme un menu soulagement du corps ou la force de résister. Nous souhaitons interroger ici le rôle de l’Ecriture dans ce contexte d’une souffrance extrême du camp de concentration.

Terminons à présent ce panorama, sans qu’il puisse toutefois se clore, par l’écriture des journaux intimes, des fragments, des poèmes, des récits de vie. Certains seront écrits pendant la déportation et gardés comme témoignages, d’autres ne pourront s’écrire que très longtemps après alors que s’écrira l’Histoire. On constatera à quel point l’écrit se différencie de l’oral. Les réponses aux questionnaires que nous avons pu rassembler les années précédents sont d’une nature très différente de celle des témoignages oraux que l’on a pu recueillir.

Des historiens, philosophes, sociologues, anthropologues, théologiens, chercheurs en littérature, psychologues, de France et de Navarre, d’Europe et d’Outre continent apporteront leur concours à la réflexion pour nous permettre de nous représenter cette question essentielle de l’écriture dans le contexte de la déportation.

Renseignements : cathy.leblanc2@wanadoo.fr ou au 06.82.54.95.07 – Le programme sera disponible sur le blog suivant : www.cathyleblanc.fr

Inscriptions : 20 euros / gratuite pour étudiants et moins de 25 ans

Conseil : il est préférable de réserver le plus tôt possible.

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:44
Droit et histoire - conférence de Michel Pierre (historien)

Conférences de Michel Pierre (historien) à l'Université Catholique de Lille

A propos de l'affaire Seznec

18 mars 2015 à la Faculté de Droit.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 11:09

UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LILLE

Faculté de Théologie – salle 247

 

LES RENCONTRES DU CRIBED

(Centre de recherche international sur la barbarie et la déshumanisation)

 

- De la phénoménologie à l’humain –

Avec la participation exceptionnelle de :

 

De 15.00 à 17.00

Christophe Perrin, FNRS, Université de Louvain-La-Neuve

« Le souci de l’amour chez Heidegger »

 

De 17.00 à 19.00

Pol Vandevelde, Professeur à l’Université de Marquette, à Milwaukee, USA.

« Pourquoi faut-il un moment narratif et imaginatif dans le récit de l’action et de l’événement? Ricœur et Davidson.

 

Entrée libre et gratuite

Pour toute information, contacter Cathy Leblanc

cathy.leblanc@icl-lille.fr Tél. 06.82.54.95.07

 

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 09:01

Dépêchez-vous de vous inscrire ! Il reste des places pour :

 

"LE CORPS A L'EPREUVE DE LA DEPORTATION"

12-13-14 mars 2015

Université catholique de Lille - 60 Bd Vauban - 2ème étage – salle 247

 

Coût : 20 € pour les 3 jours gratuit pour les étudiants et moins de 25 ans

Renseignements & Inscriptions : 06 82 54 95 07

ou colloque.corps.2015@orange.fr

 

1ère journée « Penser le corps pour panser le corps »

Jeudi 12 mars 2015 

9.30 • Accueil

10.00-10.40 • Introduction par Cathy Leblanc , Philosophe, UCLille, CRIBED, « Comment et par quoi suis-je là : corps et présence »

10.40– 11.00 • Discussion

11.00– 11.40 • Christophe Perrin, Philosophe, FNRS, Université Catholique de Louvain-La-Neuve, « Comme un ilote en son martyre, phénoménologie du corps déporté »

11.40-12.00 • Discussion

Pause Déjeuner

14.00-14.40 • Pol Vandevelde, Philosophe, Université de Marquette à Milwaukee (USA), « Les frontières sociales de notre corps vécu »

14.40-15.00 • Discussion 15.00-15.40 •Stanislas Deprez, Anthropologue, UCLille, Directeur de l’IPSR, « Marquer les corps, effacer les traces »

15.40 – 16.00 • Discussion

Pause

16.20 à 17.00 • Jean-François Fayard, Historien, EHESS, « Corps détenu, corps supplicié en Droit français de l’Ancien Régime à la suppression de la peine de mort »

17.00 à 17.30 •Discussion

 

2ème journée «Le corps vécu et le corps représenté »

Vendredi 13 mars 2015

Approches psychiatrique et psychologique

10.00-10.45 • Serge Raymond, Psychologue-expert, Fondation pour la Mémoire de la Déportation. « Le rapport au corps du déporté : sur les chemins de l’ab-surde »

10.45-11.00 • Discussion

11.00 – 11.40 • Marjorie Lombard, Psychologue, CHR /ICL, « Le corps singulier-pluriel »

11.40-12.00 • Discussion

Pause Déjeuner

Approches littéraires et artistiques

14.00-14.40 • Marie-France Reboul, Historienne, Association Buchenwald-Dora & Kommandos,   « Le déporté en son image. »

14.40-15.00 • Discussion

15.00 – 15.40 • Corinne Benestroff, Docteur en littérature, psychologue, Université de Paris 8 « Le grand voyage ou le corps des voix »

15.40-16.00 • Discussion

Pause

16.15-17.00 • Dominique Durand, Président de l’association des anciens déportés de Buchenwald-Dora & Kommandos, « L'exploitation économique du corps »

17.00-17.30 • Discussion

 

3ème journée « Le corps, son histoire, son droit »

Samedi 14 mars 2015

9.00-9.30 • Marie-Joseph Bonnet, Historienne, Présidente AFMD-75 « Ce ne sont plus des seins, ce sont des martyres ! » Approche de la question de la sexualité concentrationnaire.

9.30 à 9.45•Discussion

9.45 à 10.30•Ken Daimeru, Historien, Université de Paris 10, « La déportation des ‘femmes de réconfort’ »

10.30 à 10.45•Discussion

Pause

11.00 à 11.40•. Sylvie Humbert, UCLille , Histoire du Droit et des institutions, « Déportation et transportation ».

11.40-12.00 •Discussion

 

BULLETIN D’INSCRIPTION A REMPLIR ou RECOPIER NOM :________________________________________ PRENOM :____________________________________

Si vous avez été déporté, dans quel camp ?__________ _____________________________________________ _____________________________________________

ADRESSE POSTALE :___________________________ _____________________________________________ _____________________________________________ _________________________________Tél._________

ADRESSE MAIL :_______________________________ _____________________________________________

Inscription au colloque : 20 euros sauf étudiants et moins de 25 ans

TOTAL :

Merci de libeller votre règlement à l’ordre de l’ « Institut Catholique de Lille », et de l’envoyer à Faculté de Théologie, à l’attention de Mme C. Leblanc, 60 Bd Vauban – CS 40109 – 59016 LILLE Cédex. L’inscription, même gratuite, est demandée. Merci de votre compréhension.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 21:28

Nous voilà en deuil et le deuil serait naturel si l’on n'avait volé leur mort à ceux qui ont été assassinés. Je me souviens de Cabu, c’est drôle à dire car étant enfant, je le regardais au club Dorothée : Cabu considérait qu’il était très important de s’ouvrir aux enfants et de partager son talent avec les enfants parce que cela leur ouvre des perspectives. Quelle belle âme s’en est ainsi partie, au coin d’une vengeance terrible. Cabu et ses amis. Ses dessins ne nous mèneront plus au-delà du pensable, dans cet espace si particulier et si cher à la belle Raison qu’est l’humour. Il faudrait qu’en guise de deuil national, l’on décide de mettre un H majuscule à humour, l’élever au rang d’institution.

Le terrorisme qui sévit dans notre pays et dans le monde est une extraordinaire violence du pied de la lettre, une violence par laquelle aucun espace abstrait, aucun écart métaphorique n’a de place, une violence par laquelle le sujet est fixé dans une trajectoire sans paysage mais aussi dans une simplicité redoutable par laquelle l’humain n’est plus visible quand il fait sourire un prophète dont la représentation n’est pas d’usage.

Charlie a donné corps au prophète et des personnes capables de la plus inouïe des violences ont décidé que parce qu’il donnait corps à leur interdit, il fallait supprimer son corps à lui, le supprimer, le tuer. C’est ce que l’on nomme un acte radical. Parce qu’il a fait parler l’interdit, on l’empêche à jamais de parler. Parce qu’il a fait sourire l’interdit, on l’empêche à jamais de sourire, parce qu’il a fait vivre l’interdit et parce qu’il lui a donné les traits de l’humanité, alors on l’empêche de vivre et d’être simplement humain au plus beau sens du terme. L’intolérance ne supporte pas la différence et elle reste à jamais assoiffée d’uniformiser l’altérité et d’en faire un troupeau de clones. Pourquoi l’intolérance ne peut donc t-elle pas sourire et avoir de l’humour ? C’est que l’humour menace le monde de l’intolérance. Il lui donne un visage plus humain et la sort de sa fixité, la tire de son étreinte.

C’est parce qu’il constituait une telle menace que Charlie a été assassiné. Que faire de l’avenir à présent ? Lui donner sens et construire de manière à ce que la tolérance redevienne triomphante. Pas n’importe quelle tolérance, la tolérance issue des Lumières, issue de la connaissance d’autrui et de la curiosité vis-à-vis d’autrui. Cette tolérance là est le résultat d’un travail, d’une culture, de lectures multiples et diverses et je ne saurai que trop, vous citer ici, un passage de Descartes issu du Discours de la Méthode :

« Je ne laissais pas toutefois d’estimer les exercices, auxquels on s’occupe dans les écoles. Je savais que les langues, qu’on y apprend, sont nécessaires pour l’intelligence des livres anciens ; que la gentilles des fables réveille l’esprit ; que les actions mémorables des histoires le relèvent, et qu’étant lues avec discrétion, elles aident à former le jugement ; que la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés, qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées ; que l’éloquence a des forces et des beautés incomparables ; que la poésie a des délicatesses et des douceurs très ravissantes ; que les mathématiques ont des inventions très subtiles, et qui peuvent beaucoup servir, tant à contenter les curieux, qu’à faciliter tous les arts, et diminuer le travail des hommes ; que les écrits qui traitent des mœurs contiennent plusieurs enseignements et plusieurs exhortations à la vertu qui sont fort utiles ; que la théologie enseigner à gagner le ciel ; que la philosophie donne moyen de parler vraisemblablement de toutes choses, et se faire admirer des moins savants ; que la jurisprudence, la médecine et les autres sciences apportent des honneurs et des richesses à ceux qui les cultivent ; et enfin, qu’il est bon de les avoir toutes examinées, même les plus superstitieuses et les plus fausses, afin de connaître leur juste valeur, et se garder d’en être trompé. »

Soyons exigeants envers les enfants que nous éduquons de manière à ce qu’il acquièrent suffisamment de force pour guider leur raison et la faire triompher ainsi que leur humanité sur tout ce qui pourrait rétrécir leur paysage. Et que leur volonté devienne le moteur de leur liberté.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 21:48

COLLOQUE INTERNATIONAL INTERDISCIPLINAIRE

 

 

  156

 

 

Le corps

à l’épreuve de la déportation

 

 

12-13-14 mars 2015

 

70ème anniversaire de la libération des camps

 

 

Lieu : Université Catholique de Lille

60 Bd Vauban

 

Coût : 20 € pour les 3 jours

gratuit pour les étudiants et moins de 25 ans

 

Renseignements & Inscriptions :

06 82 54 95 07 ou  colloque.corps.2015@orange.fr

!! Programme prochainement en ligne sur www.cathyleblanc.fr

 

 

            Lorsque l’on essaie de comprendre la déportation qui a résulté de la barbarie nazie, on se penche sur les mécanismes par lesquels elle a été rendue possible, on se demande si les bourreaux sont des criminels nés, on essaie de dresser une typographie des différents traumatismes psychiques engendrés chez les victimes. On évoque souvent soit les tas de cadavres, soit la torture mais sans jamais se demander vraiment quel rapport le déporté entretient avec son corps. On pense à tort que cela est évident. Et pourtant il convient de se demander comment le prisonnier interprète les transformations que subit son corps, comment il y résiste, quels sentiments lui inspire ce corps qui lui est propre, le corps des autres ?

            La question du corps, c’est aussi celle de conditions de vie, là où le corps devient un vecteur de proximité et de distance : proximité insoutenable avec le corps des autres co-detenus, distance insoutenable avec le corps nazi. Comment a donc pu se vivre une si grande proximité et une si grande distance à la fois ? Accepte-t-on de dormir serrés comme des sardines dans une boîte, lorsque le soir venu, on doit se « coucher » dans les châlits ? Eprouve-t-on du mépris à l’égard du corps de l’autre ou de l’autre en son corps ? Finit-on par y trouver quelque chaleur, quelque compensation ?

            La question du corps, c’est aussi celle de la sexualité qui se vit à travers et par le corps ? Le soin, l’infinie pitié pour le corps de l’autre n’intensifient-ils pas le sentiment de proximité au point d’amener les âmes à se rapprocher. L’intensité de la souffrance ne conduit-elle pas à franchir des seuils qui, dans la vie courante posent les jalons de normes naturelles ou sociales ?

            La journée théorique du jeudi viendra nous fournir des outils conceptuels qui nous permettront de comprendre les enjeux relatifs à la question du corps. Il y sera question du corps théologique (le corps et l’esprit), philosophique (habiter son corps, corps et présence), anthropologique, sociologique, puis dès la deuxième journée, nous réfléchirons à partir de données issues directement du terrain pour ouvrir, le samedi, sur des considérations juridiques et historiques. Cette approche du corps vient compléter l’étude de la fraternité, c’est-à-dire du lien de personne à personnes qui pouvait ou ne pouvait exister dans les camps, et l’étude du pardon, qui interrogeait le lien passé/présent.

 

 

 

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 12:46

CITEPHILO CITEPHILO CITEPHILO CITEPHILO CITEPHILO CITEPHILO

 

 

 

EDITION 2014

 

 

 

 

Droit et Littérature, quand lire c’est faire

 

Dimanche 16 novembre 14.30 à16.30, Palais des Beaux Arts, grand auditorium, Métro République, Lille.

 

Avec

 

François Ost est vice-recteur des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles, directeur de  l’Académie européenne de théorie du droit et membre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Il a publié notamment Raconter la loi (Odile Jacob), Furetière, la démocratie de la langue (Michalon), Shakespeare, La Comédie de la Loi (Michalon), Traduire (Fayard).

 

 

Denis Salas est magistrat et essayiste. Il est secrétaire général de l’Association française pour l’histoire de la justice et directeur de la revue Les Cahiers de la justice. On lui doit entre autres Kafka, Le combat avec la Loi (Michalon) ; Imaginer la loi, le droit dans la littérature (Michalon), Albert Camus, la juste révolte (Michalon).

 

 

 

Discipline rigoureuse reposant sur d’innombrables codes, le droit peut néanmoins apparaître dans la littérature voire y trouver la source de son jugement. On se demande alors comment alors concevoir cette relation entre deux domaines qui semblent a priori si distincts. Quelle est la fonction du récit dans le droit ? Comment l’écriture littéraire peut-elle contenir une trame juridique ? Est-il légitime que le droit s’appuie sur la littérature ? Telles sont les questions que suscite  le travail de l’école de droit et littérature, très appréciée dans la formation des juristes et dont François Ost et Denis Salas sont d’éminents acteurs.

 

Débat animé par : Cathy Leblanc, professeur en philosophie à l’Université catholique de Lille. Directrice du Centre de Recherche International sur la Barbarie et la Déshumanisation.

 

 

 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 22:27

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EDITION 2014

 

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Marie-Claude Vaillant-Couturier, Une femme engagée, du PCF au procès de Nuremberg (Balland)

 

            En présence de l’auteur :

 

Dominique Durand, journaliste, président de l’association des anciens déportés de Buchenwald-Dora et Kommandos, à Paris.

 

Présentation : Cathy Leblanc, professeur en philosophie à l’Université catholique de Lille. Directrice du Centre de Recherche International sur la Barbarie et la Déshumanisation.

 

Qui n’a pas lu son témoignage au procès de Nuremberg, en 1946 ? Face à ses bourreaux, elle y a dit l’horreur de ce qu’on appellera la Shoah. Elle est la première à photographier les camps de concentration d’Hitler en 1933. Elle immortalise également le combat des républicains lors de la guerre civile d’Espagne. Dans le Paris occupé de 1940, elle vit dans la clandestinité avec son futur mari, pierre Villon, bientôt membre du conseil national de la Résistance, et leur fils, Thomas, jusqu’à sa déportation à Auschwitz en 1942, puis à Ravensbrück. Marie Claude Vaillant-Couturier incarnera cette « femme mémoire » qui ouvrira le chemin à l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité.

 

De 17 à 19 heures, au Forum FNAC – 20 rue St Nicolas-Lille

(dans la limite des places disponibles)

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Published by Cathy Leblanc - dans philosophie
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