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PHILOSOPHIE DE L’ART – 2ème semestre – Lundi de 14 à 16 - Faculté de Théologie - Université Catholique de Lille.
La temporalité dans l’art
Pré-requis :
Aucun pré-requis : que chacun se sente libre d’assister à ce cours.
Objectif :
L’objectif principal de ce cours est de jeter un peu plus de lumière sur la profondeur dans l’art et de montrer qu’outre des techniques, des représentations, c’est toute un développement temporel qui y a lieu. A l’issue du cours, on aura affiné une certaine forme de sensibilité esthétique qui permettra de comprendre que c’est bien la vie et son récit qui se déploie dans l’art : la vie avec son rythme, ses ponctuation, ses attentes, ses impatiences, et tout son mouvement.
Contenu du cours :
On parle très souvent de l’espace, de la forme dans l’art mais très peu de la temporalité, c’est-à-dire de la manière dont l’art se vit en s’exerçant ou de la manière dont la vie se donne à l’art. C’est cet aspect des choses que nous questionnerons dans notre cours à partir de trois angles d’attaque différents :
- La temporalité comme témoin de l’histoire : l’art appartient toujours à une époque, à un contexte et il raconte cette époque. En tant que tel il s’inscrit dans une démarche historique. Nous étudierons, notamment trois œuvres musicales : Le Clair de Lune de Debussy où nous exploiterons la notion d’attente à travers le geste pianistique (et, à l’aide d’un piano), La valse de Ravel qui devait, au départ être enjouée et joyeuse mais qui fut composée en tant de guerre et se transforma en une œuvre dissonante, Le Cendrillon de Prokofiev : même problématique.
- La temporalité de la technique artistique comme témoin du rythme de la vie. Ici, nous nous appuierons sur les travaux de Marie Jaell afin de comprendre ce qu’il en est de la vibration, soit-elle musicale ou picturale (Kandinsky) mais aussi sur les travaux récents de Bernard Sève.
- Notre troisième angle d’attaque sera celui du temps poétique. Ce troisième point s’appuie sur le précédent mais concerne le poème. Le temps du poème semble différent du temps de la vie. Pourquoi ? Quelles sont les grandes différences qui permettent de distinguer ces données ? Pourquoi peut-on néanmoins, comme le disait Heidegger « habiter en poète » ?
Ce cours se conclura par un débat autour de la question suivante :
La sensibilité poétique ou artistique permet-elle de vivre avec une plus grande sagesse ?
Bibliographie indicative :
Un poly de cours sera distribué avec les documents de travail
Platon, La République (Livre X), Paris, GF, 1966.
Kant, Critique de la Faculté de juger, Paris, Folio, 1989.
Hegel, Introduction à l’esthétique, Paris, Champs Flammarion, 1984.
Hölderlin, Œuvres, Paris, NRF – bibli de la pléiade, 1995.
Merleau-Ponty, Phénoménologie de la Perception, Paris, Gallimard, 1976.
Heidegger, Acheminement vers la parole, Paris, Gallimard, 1994.
Fédier, L’art en liberté, Paris, Pocket, 2006.
Sève, L’altération musicale, Paris, Seuil, 2002.
Lacoste, La philosophie de l’art, Paris, PUF – Coll. Que-Sais-je, 1991.
(cf. évaluation page suivante)
Evaluation :
L’étudiant sera accompagné dans une série d’exercices lui permettant de construire sa dissertation.
Deux exercices d'analyse de concept à remettre lors des séances 3 et 5. (obligatoire pour les validations à 3 et à 6 crédits)
* Le plan de dissertation sera remis à mi-parcours : lors de la séance 6 puis corrigé et remis à l'étudiant lors de la séance 7.
* L'introduction est à proposer pour la séance 9 (remise corrigée à l'étudiant en séance 10).
* La dissertation est à remettre à la séance 12. (obligatoire seulement pour la validation à 6 crédits)
Cathy Leblanc,
Docteur en Philosophie,
DEA de linguistique américaine,
Maître de
Conférences en Philosophie à
l'Université Catholique de Lille
Contact : cathy.leblanc2@wanadoo.fr
A propos de l'histoire :
" Commençons par Hérodote, que Cicéron appelait pater historiae et qui est resté le père de l'histoire occidentale. Il nous dit dans la première phrase des Guerres médiques que
le but de son entreprise est de sauvegarder ce qui doit son existence aux hommes, en lui évitant de s'effacer avec le temps, et de célébrer les actions glorieuses et prodigieuses des Grecs et des
Barbares d'une manière qui suffise à assurer leur souvenir pour la postérité et, de la sorte, à faire briller leur gloire à travers les siècles". Hannah Arendt, La crise de la culture,
Paris, Folio, 1989, p.58
Sur la parole :
"Dans le discours qu'aujourd'hui je dois tenir, et dans ceux qu'il me faudra tenir ici, pendant des années peut-être, j'aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la
parole, j'aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible. J'aurais aimé m'apercevoir qu'au moment de parler une voix sans nom me précédait depuis
longtemps : il m'aurait suffi alors d'enchaîner, de poursuivre la phrase, de me loger, sans qu'on y prenne bien garde, dans ses interstices, comme si elle m'avait fait signe en se tenant, un
instant, en suspens." Michel Foucault, L'ordre du discours, Paris, Gallimard, 2009.
Rares sont les romans où l'on est transporté à ce point : dans l'histoire d'une rencontre entre le présent et le passé. Nous sommes tenus en haleine et, pendant ce temps, le texte devient matière. C'est dans l'espoir de l'écriture que tout se produit, que l'émotion s'exhale.
L'histoire nous porte au cœur d'une attente : celle de la biographie d'un ancien
résistant. Témoignage d'une histoire vécue, de récits de bravoure.
Au rendez-vous finalement, le grand homme recroquevillé sur sa canne commence par renverser les rôles et écouter le biographe, lui aussi mû par un
récit...
Trames de vies qui se croisent et se tissent au gré d'une écriture sobre et émouvante à la fois.
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